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Une crue exceptionnelle sur la Garonne supérieure et le gave de Pau en amont d'Argelès-Gazost, crue probablement similaire à celles de la fin du XIXè siècle (juillet 1897 notamment).

A partir de Lourdes, des crues du XXè siècle ont fait mieux (ou pire), notamment en 1937 (jusqu'à Lourdes) et 1952 (à partir de Pau).

Pour celles et ceux qui préfèrent le sensationnel à l'analyse, rendez-vous en bas de page pour quelques copies des unes des journaux locaux et quelques photos-choc. Pour les autres, bonne lecture.

A venir (un jour...), graphique des pluies, cartographies des bassins versants, analyse de la presse locale mais tout ça prend du temps !

Dernière nouveauté (17 décembre 2013) : Quelques photos de Saint-Béat en fin d'automne.


PRÉSENTATION DE LA GARONNE

Si l'on oublie le Rhin dans son passage transfrontalier, la Garonne est le quatrième fleuve de France autant par sa longueur (520 km) que par la superficie de son bassin versant (56 400 km²).

La Garonne prend sa source en Espagne et elle entre en France au Pont du Roi sur la commune de Fos. Son bassin versant est alors d'environ 450 km². Son cours est très encaissé sur cette partie et de tout temps, ce passage fut une voie de communication majeure des Pyrénées centrales pour passer en Espagne : côté France, c'est la RN125 qui emprunte cette voie naturelle et côté espagnol, la RN230.

  Garonne à Saint-Béat

Une fois passé le verrou de Saint-Béat (ci-dessus la Garonne vue vers l'aval depuis le pont de la RD44), la Garonne entre en Comminges et la vallée s'élargit avec l'apport en rive gauche des eaux de la Pique (360 km², 41 km, 6% de pente moyenne), affluent qui traverse Bagnères-de-Luchon. Après la confluence, la Garonne dépasse les 1 000 km².

A Montréjeau, la Garonne reçoit la Neste (870 km², 80 km, 3,3% de pente moyenne), réunion à Arreau des Nestes du Louron (qui vient de Loudenvielle) et d'Aure (qui vient de Saint-Lary). La vallée s'élargit encore alors que le cours de la Garonne change de direction : cap à l'est !

Après Saint-Gaudens, la Garonne reçoit le Ger (270 km², 27 km, 5% de pente moyenne), puis le Salat (1580 km², 82 km, 2,7% de pente moyenne) au niveau de Saint-Martory et l'Arize (535 km², 15 km, 1,6% de pente moyenne) à Carbone. Juste avant Toulouse, la Garonne est grossie de l'Ariège (4220 km², 170 km, 1,5% de pente moyenne).

Au pont Neuf de Toulouse, la Garonne a déjà parcouru 220 km et son bassin est d'un peu plus de 10 000 km². Ci-dessous la Garonne au Bazacle en août 2013 à l'étiage et fin mai 2013 en crue.

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Entre Grenade-sur-Garonne et Buzet-sur-Baïse, la Garonne reçoit en rive gauche ses cinq affluents gascons (près de 6 000 km² réunis) : la Save, la Gimone, l'Arrats, le Gers et la Baïse). En rive droite, le Tarn (15 750 km², 400 km, 0,32% de pente moyenne) au niveau de Moissac, et le Lot à Aiguillon (11 600 km², 495 km, 0,28% de pente moyenne) gonflent ses eaux. Après la confluence avec le Lot, le bassin versant est proche de 50 000 km² et il n'augmentera plus que de 10% jusqu'à la Dordogne.

 

PRÉSENTATION DU GAVE de PAU

Le Gave de Pau est avec son voisin d'Oloron le principal affluent de rive gauche de l'Adour. Les deux gaves confluent à l'amont immédiat de Peyrehorade et rejoignent l'Adour à l'aval de la cité landaise. A la confluence avec le gave d'Oloron, le gave de Pau a une longueur de 195 km, une superficie de bassin de 2 700 km² et une pente moyenne de 1,4 %. A noter que le bassin du gave d'Oloron présente une superficie similaire (2 650 km²) mais est plus court (140 km), ce qui lui vaut d'avoir une pente moyenne plus forte (1,7%) avec une altitude maximale similaire et au delà des 3 000 m.

Le gave de Pau prend sa source au cirque de Gavarnie. Il est rejoint à Gèdre par le gave de Héas (83 km², 14 km, 15 % de pente moyenne) qui prend sa source au cirque de Troumouse (moins célèbre que celui de Gavarnie mais tout aussi beau). Il traverse Luz-Saint-Sauveur, rejoint à ce niveau par le Bastan (104 km², 20 km, 9,5 %) qui descend du versant ouest du Tourmalet. A Pierrefitte-Nestalas, il est rejoint par le gave de Cauterets (180 km², 30 km, 7,7 %) et débouche dans une vallée glaciaire élargie. Il arrose ensuite Argelès-Gazost (910 km²), Lourdes (1 070 km²), Pau (1 900 km²) et Orthez (2 450 km²) pour ne citer que les cités les plus grandes. Il ne possède pas d'affluent remarquable après Argelès, hormis l'Ouisse (180 km², 30 km, 7,7 %) qui le rejoint avant Pau.

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Ci-dessus deux des points de mesure sur le gave de Pau : à Argelès (ancienne passerelle routière ou pont du Tilhos) et à Lourdes (avenue du Paradis). L'échelle d'Argelès est graduée jusqu'à 4 m (complètement sous l'eau en octobre 2012 et juin 2013). Celle de Lourdes s'arrête à 3 m.

 

CRUES HISTORIQUES : quand et comment ?

Les crues importantes des cours d'eau des Pyrénées centrales et occidentales ont pour origine :

- soit des pluies océaniques dans un flux de nord-ouest avec un blocage orographique plus ou moins prononcé : la chaîne des Pyrénées orientée est-ouest fait obstacle à la perturbation qui se dirige vers le sud-est ;
- soit des pluies remontant d'Espagne dans un flux de sud amenant de l'air chaud : les pluies débordent sur le versant français et ce sont les crêtes qui sont très arrosées.

Dans les deux cas et de manière plus prononcé dans le second (air chaud), la fonte nivale peut aggraver plus ou moins les crues en fonction de l'épaisseur du manteau neigeux.

 

CRUES HISTORIQUES de la GARONNE

Au delà de Saint-Gaudens, la contribution plus ou moins forte des affluents ariégeois renforce ou non la crue.

Si on se réfère au PPRi de la Garonne supérieure (de la frontière espagnole à Chaum), l'histoire nous rappelle que les débordements  ne datent pas d'hier :
- 1258, 1397, 1413, 1436, 1507, 1750 (des maisons sont détruites, la Garonne crée un nouveau lit), 1772, 1777 pour s'arrêter à la Révolution,
- 29 mai 1835 : 3 m à l'échelle de Saint-Béat
- 1837 : le cimetière de Fos est dévasté,
- 22 et 23 juin 1875 : la route et la chapelle Saint-Sébastien est emportée à Fos, 3,80 m à l'échelle de Saint-Béat
- 3 et 4 juillet 1897 : le village de Fos est totalement inondé et isolé, la RN125 est détruite de même qu'une maison et la chapelle. Le Pont du Roy est emporté. La Garonne atteint 4,25 m à l'échelle de crue de Saint-Béat, village inondé et envasé, la RN125 vers Fos est emporté
- 26 et 27 octobre 1937 : 3,4 m à l'échelle de Saint-Béat
- 19 au 21 mai 1977 : la Garonne monte à 2,48 m à Saint-Béat
- 7 et 8 novembre 1982 : le chemin du Plan d'Arem est emporté, l'allée du camping est sous l'eau à Fos. A Saint-Béat, on relève 2,75 m sur la Garonne
- 5 et 6 octobre 1992 : la RN125 est inondée en amont de Saint-Béat, des maisons sont sous l'eau et le camping est évacué.

Si on récapitule les hauteurs d'eau observées à Saint-Béat (échelle de crue ci-dessous à l'aval du pont de la RN125 en rive gauche), les crues se classent dans l'ordre suivant (de la plus forte à la moins forte) : 1897 (4,25 m), 1875 (3,8 m), 1937 (3,4 m), 1835 (3 m), 1982 (2,75 m). C'est un peu moins de 3,5 m qui a été mesuré en juin 2013.

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A noter que 3 des 4 plus fortes crues se sont produites à la fin du printemps ou au début de l'été, preuve que la présence d'un manteau neigeux est bien le facteur aggravant des crues.

 

CRUES HISTORIQUES du GAVE de PAU

Il est rare de voir des crues ne touchant que la partie aval ou médiane du bassin et c'est le plus souvent en amont que les crues se forment, se propageant vers l'aval en s'atténuant ou en se renforçant suivant les réactions du bassin intermédiaire (de Lourdes à Pau).

Si on se réfère aux différents PPRi de la vallée du Gave de Pau (à noter que Pau ne dispose pas de ce document réglementaire 10 ans après sa precription en 09/2005), on retrouve peu ou proue les mêmes dates de crue que pour la Garonne supérieure, seul l'ordre d'importance de ces crues diffère.

La crue de 1875 resterait inégalée sur les 150 dernières années même s'il est difficile de trouver des données historiques pour cet événement sur le gave. Notamment du côté d'Argelès-Gazost puisqu'à l'époque, le village n'existe pas sous ce nom qu'il ne prendra que dans les années 1880-1890 (cf. site de la commune). Et son extension actuelle (urbanisation à l'est de la RD921) est inexistante au XIXè siècle. Le gave pouvait donc déborder sans trop de dommage. C'est au pont du Tilhos que le niveau historique est relevé, pont situé à proximité du stade de rugby de nos jours.

A Argelès, la crue de juin 2013 arriverait entre la seconde et la quatrième position dans l'histoire avec 5,19 m, soit  1 m au dessus de la crue d'octobre 2012 (4,15 m). 1897 et 1937 s'intercaleraient à priori entre ces deux crues très récentes mais il est très probable que 1937 soit plus forte (le stade était sous 1 m d'eau en 1937 contre 20 à 30 cm en 2013). Février 1952 est en dessous, de même que 1965, 1889 et 1982.

A Lourdes, il est acquis que la célèbre grotte a été inondée en octobre 1937, novembre 1965, juin 1979, novembre 1982, octobre 2012 et en juin 2013. Pour l'ordre d'importance des crues : la plus forte serait 1937 (débit estimé à 765 m3/s), puis viendraient 1885 (520 m3/s), 2013, 1982, 1875 (380 m3/s), 1965, 2012.

A Pau, la crue de 1937 ne semble pas avoir été dépassée en juin dernier. 1875 semble être la crue la plus forte des 150 dernières années (à vérifier) même si c'est la crue de février 1952 qui est pris en référence dans la vallée pour les PPRi.

A Orthez, 1875 et 1889 ont dépassé les 14 m, février 1952 les 13 m (plus de 1 000 m3/s). 2013 aux environs des 12 m à l'échelle historique arriverait au mieux en 4è position.

Enfin à Peyrehorade, où l'apport du gave d'Oloron vient s'ajouter à celui du gave de Pau, la crue de 2013 n'a pas atteint des sommets historiques, à cause justement d'un apport modéré du gave d'Oloron dont la pointe de crue est arrivée plus tôt que celui du gave de Pau. Avec 4,73 m, on est un mètre sous la crue de 1952 et près de 1,5 m sous la crue de 1885 (6,26 m).

 

La CRUE DE JUIN 2013

Commençons par le qualificatif de ces crues et notamment celle du gave de Pau, qualifiée autant par le maire de Lourdes que par la maire de Pau de crue "centennale" (cf. propos des 2 intéressés rapportés dans Sud-Ouest et la Dépêche du Midi). Ce qualificatif de "centennale" très et trop vite appliqué par les élus est une manière pour eux de (se) rassurer ("on peut difficilement avoir pire") et de se dégager de leur responsabilité dans leur choix d'urbanisme (accord de permis en zones inondables). Rappelons qu'une crue centennale n'est pas une crue qui se produit une fois par siècle mais une crue qui a une "chance" sur 100 de se produire chaque année. La nuance est de taille.

Dans le cas présent, la crue du gave de Pau est probablement proche de la cinquantennale (1 chance sur 50 chaque année) à Lourdes et entre la vicennale et la trentennale (entre 1 chance sur 20 et sur 30) à Pau. Dans le PPRi des proches communes de Pau (Pau ne possédant pas de PPRi comme moult communes importantes, cf. supra), la crue de 1937 est qualifiée de trentennale. En juin 2013, les niveaux ont été plus bas qu'en 1937, donc on ne peut pas affirmer à l'emporte pièce comme certains élus se le permettent que la crue de 2013 était centennale. Le procédé est trop facile et totalement à l'opposé de la nécessité de culture du risque et de maîtrise de l'urbanisme dans les zones inondables.

La crue s'est produite dans un contexte très défavorable :

- un hiver avec des chutes de neige exceptionnelles jamais vues depuis 40 ans sur les deux tiers ouest des Pyrénées. Les hauteurs de neige atteignent en moyenne 2 m à 1500 m (4 fois la moyenne), 3 m à 1800 m et plus de 4 m à 2500 m. (sources Météo France)
- un printemps avec des températures plus basses que la normale qui ont retardé la fonte nivale sur les massifs, : le stock neigeux est encore très important à la mi-juin au dessus de 2 000 m.
- un printemps (et un hiver) avec une pluviométrie bien au delà de la normale qui a conduit à saturer les sols. Ces précipitations tombées sous forme de neige à hautes altitudes ont contribué à reconstituer un manteau neigeux important sur les massifs et à le maintenir très longtemps. A Pau, la valeur normale (ou moyenne de 1981 à 2010) des précipitations observées les 5 premiers mois de l'année est de 474 mm. Fin mai 2013, Pau avait déjà reçu 909 mm, soit près du double. Avec les pluies de juin (143 mm), on arrive à 950 mm sur les 6 premiers mois de l'année, ce qui correspond à la moyenne annuelle (1 070 mm) à 10% près. A Tarbes, il est tombé 940 mm de pluie sur les 6 premiers mois de l'année 2013 alors que la moyenne annuelle est de 1 050 mm. A Saint-Girons, il est tombé 745 mm de pluie alors que la moyenne annuelle est de 950 mm (sources Météo France).
- les prémices de l'été à la mi-juin avec des températures positives au delà des plus hauts sommets sur la chaîne pyrénéennes. La semaine précédent la crue a été chaude avec 2 journées à près de 30°C sur le piemont pyrénéen le mercredi 12 et le dimanche 16. La fonte nivale a augmenté de jour en jour, donnant des débits élevés avant même les premières pluies à l'origine de la crue.

Il n'en fallait pas plus pour que les pluies du 17 au 19 juin dans un flux chaud de sud provoquent une crue majeure sur certains cours d'eau Pyrénéens.

Avec un flux de sud et comme ce fut le cas en octobre 2012, l'Adour est souvent en partie protégé par sa situation géographique et la forme du bassin amont : le bassin des Nestes (qui culmine entre 3100 et 3200 m sur les crêtes franco-espagnoles) situé au sud des crêtes du bassin de l'Adour prend le gros des précipitations ; le bassin de l'Adour est bien moins large et grand en taille que ses voisins :
- 15 à 20 km de large (sens est-ouest) contre 30 km pour les Nestes et 40 km pour le gave de Pau ;
- moins de 300 km² de surface à Bagnères-de-Bigorre contre plus de 900 km² à Argelès pour le gave et près de 600 km² pour les Nestes réunies à Arreau.

Prévisions et vigilance météorologiques vues par Météo France

Ce point est (trop ?) souvent polémique et on accuse régulièrement Météo France de n'avoir pas anticipé suffisamment les phénomènes météorologiques : la neige, surtout en plaine, et les inondations sont les deux phénomènes météorologiques les plus accusées car leurs conséquences sont bien visibles et touchent la population et la vie économique. Quand un skieur s'aventure hors-piste et qu'il décède dans une avalanche, "on" ne se pose guère la question de l'anticipation du risque d'avalanche et "on" considère que ledit skieur a commis une imprudence. Quand une vallée subit une inondation et que de nombreuses habitations sont sous les eaux, les habitants sous l'eau cherchent un coupable : Météo France dont l'alerte a été trop tardive, un élu de la commune qui ne les a pas avertis, les secours qui ne sont pas venus assez vite, l'Etat qui n'a pas voulu qu'une digue de protection soit construite, etc. JAMAIS de remise en cause personnelle.

Voyons donc comment le phénomène a été anticipé au moins par Météo France. L'avantage avec cet établissement public, c'est que l'historique des vigilances météo est accessible. Avant de polémiquer, il est donc possible d'analyser.

 

2013-0617-11hLa première mise en vigilance orange pour un phénomène orageux sur les départements 64 et 65 a lieu le lundi 17 juin vers 11h. A travers quelques extraits du bulletin national associé à la carte de vigilance, on se rend compte que l'événement à venir est suffisamment décrit pour ne pas le prendre à la légère [mes remarques entre crochets]  :
"- Fin du phénomène prévue pour la nuit du mardi 18 au mercredi 19 [on est parti pour 36h de pluie orageuse];
- Episode pluvio-orageux actif nécessitant un suivi particulier compte tenu de sa persistance et des cumuls associés [on n'est pas sur de l'orage isolé qui part aussi vite qu'il est venu ; ça va durer]
- En cours de nuit prochaine, le caractère orageux sera moins marqué mais il sera relayé par le caractère durable et parfois soutenu des précipitations. Sur l'épisode, on attend généralement 50 à 100 mm dans le domaine pyrénéen avec des précipitations essentiellement sous forme liquide." [précipitations liquides, ça veut dire qu'on n'attend pas de neige même à haute altitude et que tout le massif sera arrosé ; la fourchette certes large des précipitations attendues devrait inquiéter l'habitant des valléees de montagne ou du proche piémont, d'autant que le stock neigeux est très important à cette époque de l'année].

A travers ce premier message de vigilance, on en apprend déjà beaucoup et ça milite pour suivre l'actualisation régulière des informations.


 

2013-0617-16hA 16h, nouvelle carte (à l'heure "classique" cette fois) et nouveau bulletin. Le contenu est très proche de celui de 11h mais une nouvelle information d'importance apparaît :
" Phénomène aggravant : compte tenu du nette réchauffement en altitude la fonte des neiges contribuera à l'intensification des crues.
Les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne sont en vigilance crues: Pour toute information consulter le site internet : www.vigicrues.gouv.fr". Sur la carte, le pictogramme inondation est bien présent sur le département 31 mais MétéoFrance a fait le choix de n'afficher que le pictogramme "orages" pour la vigilance orange sur les départements 64 et 65.

A 19h, sans que la carte change, le bulletin "local" du centre inter régional (CMIR) de MF de Bordeaux précise : "Il pleut régulièrement et parfois fortement avec des orages de l'ouest des Pyrénées à la Vienne. En 3 heures, on relève : [...] 17 mm à Gèdre et 13.3 mm à Barèges dans les Hautes-Pyrénées dont l'essentiel en 1 h."

A 22h, le CMIR de Bordeaux actualise son bulletin dont le contenu aggrave la situation à venir : "Mardi, le caractère durable et parfois soutenu des précipitations [...] permet d'atteindre des cumuls de 80 à 130 mm dans le domaine pyrénéen (avec des précipitations essentiellement sous forme liquide en montagne où la fonte nivale risque d'être un facteur aggravant)."


 

2013-0617-23hUn peu avant 23h, une nouvelle carte nationale est émise pour tenir compte de la fin de l'épisode orageux sur le nord-ouest du pays.  Le bulletin associé précise : "Les départements concernés par la vigilance orange pour les orages vont progressivement passer en vigilance fortes précipitations pour la plupart." Les cumuls sur l'épisode sont revus à la hausse et reprennent le dernier bulletin du CMIR de Bordeaux.

A 3h du matin, le bulletin est actualisé avec encore un coup de marqueur sur les quantités d'eau attendues : "On surveille plus particulièrement les cumuls de précipitations qui, par effet cumulatif, deviennent importants."


 

2013-0618-06hA 6h et en cohérence avec ce qui avait été annoncé la veille, la vigilance orange passe du phénomène orages au phénomène "pluie - inondations". Le bulletin n'apporte guère de nouveautés (à part les 39 mm de pluie observés à Loudervielle dans la vallée de la Neste du Louron) mais confirme l'inquiétude sur les cumuls de pluie attendus et sur la fonte nivale en facteur aggravant.

Le centre de Bordeaux actualise sont bulletin à 9h : le cumul de pluie atteint 70 mm à Loudervielle. Dans le massif pyrénéen, le maximum à attendre passe de 130 à 150 mm.

Nouvelle actualisation à 12h : "60 mm à Luz-St-sauveur, 77 mm à Gavarnie (65), 83 mm à Loudervielle (65), 97 mm à Genos-Tramezaigue, 72 mm à Luchon (31)".


 

2013-0618-14hA 14h, c'est la passage en vigilance rouge du département des Hautes-Pyrénées. La raison est hydrologique : l'amont du Gave de Pau connait une crue exceptionnelle. Dans le processus de production de la carte de vigilance météo, Météo France est ici "contraint" de passer en rouge par le site vigicrues qui a placé le tronçon du gave de Pau en vigilance rouge. Contrairement à Météo France, vigicrues ne donne pas accès à ses archives et à moins d'une copie d'écran au moment opportun ou d'un suivi attentif, il n'est pas possible de connaître l'historique de la production de ce service.


 

2013-0618-16h

La carte de 16h est identique à celle de 14h mais le bulletin est actualisé : "Depuis le début de l'épisode, on a relevé de 40 à 60 mm (ou litres/m²) en plaine et de 80 à 110 mm sur les crêtes de l'ouest des Pyrénées".

Le bulletin de Bordeaux est encore plus précis sur les cumuls observés : 86 mm à Saint-Engrâce (64), 82 mm à Luz-St-sauveur, 118 mm à Gavarnie (65), 93 mm à Loudervielle (65), 122 mm à Genos-Tramezaigue (65), 76 mm à Luchon (31).


 

2013-0618-19hA 19h et toujours sous la férule de vigicrues à cause du Gave de Pau, c'est le département du 64 qui passe en vigilance rouge. Le bulletin de MF insiste une nouvelle fois sur "le caractère durable et parfois soutenu des précipitations [...] [qui] permet d'atteindre sur l'ensemble de l'épisode des cumuls de 100 à 200 mm sur les crêtes des pyrénéen (avec des précipitations essentiellement sous forme de pluie en montagne à toutes altitudes)".

Bilan : à travers cet historique des bulletins, je relève 2 choses :
- un état des lieux bien défini et un événement pluvieux à venir plutôt bien cerné le lundi soir
- une inquiétude qui transparaît avec l'aggravation des bulletins du mardi matin, laissant penser qu'un épisode remarquable est à venir, du point de vue des quantités de pluie et encore plus des inondations avec la fonte nivale.

La vigilance orange pour orages a été déclenchée en fin de matinée du lundi (sur les 3 dep. de la chaîne pyrénéenne impactés par les crues à venir) et s'est transformée le mardi matin en une vigilance orange pour pluie et inondations, passant au rouge à 14h dans les Hautes-Pyrénées. Les bulletins nationaux et régionaux de Météo France ont été actualisés régulièrement avec une information horodatée du prochain bulletin. Le lien vers vigicrues dès le niveau orange est rappelé. Le citoyen lambda qui a accès à internet et qui veut (ou peut) suivre l'événement en direct, sa prévision et son évolution parce qu'il est concerné de près ou de loin a toutes les clefs en main pour le faire.

Le passage "tardif" en vigilance rouge sur le département 65 ne doit pas occulter le fait que dès le niveau orange, le citoyen doit s'inquiéter et agir si besoin. Et ne pas attendre (en priant pour que ça n'arrive pas) que les débordements commencent pour agir et se préoccuper sérieusement de la situation en cours et à venir. Une vigilance orange "pluie / inondations", c'est un débordement possible voire probable. Il est indispensable d'agir avant d'avoir les pieds (voire plus) dans l'eau, quitte à agir pour rien si ça ne déborde pas au final. Combien de riverains des cours d'eau impactés l'ont fait ?

 

Prévisions et vigilance hydrologiques vues par Vigicrues

Vigicrues est un service récent fourni par le Ministère de l'Écologie, mis en place en 2006 lors de la réforme des services d'annonce des crues (SAC), devant service de prévision des crues (SPC). Cette réforme a réduit d'un facteur 3 le nombre de services (environ 60 SAC contre une vingtaine de SPC) en apportant une logique hydrographique et non plus administrative. Ce sont des linéaires de cors d'eau àl'échelle de leur bassin versant qui sont surveillés et non plus des linéaires de cours d'eau à l'échelle départementale. Environ 21 000 km de cours d'eau sont surveillés sous la forme de près de 280 tronçons de vigilance (dernière mise à jour au printemps 2014) sur lesquels une couleur indique le niveau de risque de crue à venir ou en cours. Les couleurs de la vigilance météorologique sont reprises (vert = pas de vigilance ; jaune = premiers débordements ou montée rapide ; orange = crue dommageable ; rouge = crue exceptionnelle).


Le 17 juin à 16h, le site vigicrues indique que les tronçons "Garonne amont - Nestes", "Adour amont", "Gave de Pau" et "Gave d'Oloron" sont placés en vigilance orange. Le bulletin national de 16h indique : "Risque de crues importantes sur les cours d'eau de l'ouest pyrénéen au cours des prochaines 36 heures [...]. Les niveaux initiaux des cours d'eau pyrénéens qui viennent d'être placés en vigilance orange sont actuellement élevés du fait de la fonte des neiges qui reste soutenue depuis le milieu de semaine dernière. Les pluies prévues pour ces prochaines 24 heures vont s'ajouter aux effets de la fonte nivale et, par conséquent, devraient provoquer des hausses importantes des niveaux sur l'amont de ces cours d'eau au cours de la nuit de lundi à mardi et durant la journée de mardi. Sur ces secteurs, les niveaux de débordements dommageables pourront être atteints au cours des prochaines 36 heures."

Le bulletin local du SPC Garonne de 16h indique : "Compte tenu des précipitations annoncées par Météo−France, des montées sur les cours d'eau risquent de se produire sur les bassins amonts Pyrénéens et du Lannemezan en fin d'après midi et dans la nuit [...]. Sur le tronçon "Garonne amont − Nestes", cet épisode pluvieux est susceptible de générer une montée des eaux importante aggravée par la fonte nivale."

Le bulletin local du SPC Adour de 16h indique : "Réaction marquée attendue sur les Gaves et l'Adour amont, avec une conjoncture de fonte de neige et de pluies fortes en montagne au cours des prochaines 24 heures."

Le 18 juin à 6h15, un nouveau bulletin est produit. Si les couleurs de vigilance des cours d'eau ne changent pas (au moins sur ceux en orange), il est précisé une "intensification des pluies sur les Pyrénées ces dernières heures".

A 8h45, nouveau bulletin : "Débits soutenus sur l'ensemble des cours d'eau du piémont, alimentés par la fonte de neige et des pluies importantes qui devraient se poursuivre dans la journée".

 

Un peu avant 14h, c'est le passage en vigilance rouge sur le tronçon du Gave de Pau mais seul le département 65 est concerné par cette vigilance rouge comme l'atteste la carte de vigilance de Météo-France (voir plus haut). "Passage en vigilance rouge du gave de Pau, compte tenu d'une crue très importante sur sa partie amont (Hautes Pyrénées), encore en aggravation". Les prévisions faites par le SPC (4m30 à Argelès et 3m50 à Lourdes à 16h) sont complétées par un message indiquant clairement que les hauteurs prévues ne sont pas des maxima mais que ça ira probablement plus haut.

Un peu avant 19h, le département 64 passe également en vigilance rouge pour les crues. Le bulletin du SPC Adour précise : "Vigilance rouge du Gave de Pau, compte tenu d'une crue très importante sur sa partie amont, encore en aggravation (significativement plus importante que oct 2012). Poursuite des pluies en montagne et sur l'ensemble du bassin, accompagnée de la fonte des neiges sur l'ensemble du massif montagneux [...]. Situation actuelle et évolution prévue : Crue majeure sur l'amont du Gave de Pau (65) avec une propagation en aval provocant dans la nuit une crue importante pour le 64 en vigilance rouge à compter de 18h30."

Pour le seul Gave de Pau, les prévisions (qui tiennent compte des précipitations attendues jusqu'en milieu de nuit) sont pessimistes :
"Argeles :5.20m +/− 15cm à 21h (oct 2012 − H maxi= 4.15m)
Lourdes: 4.40m +/− 15 cm à 21h (oct 2012 − H maxi= 3.50m)
Nay: 3.50m +/− 15cm entre 21h et 22h (oct 2012 − H maxi = 2.78m)
Artiguelouve:2.55 +/−10cm entre 22h et 23h (oct 2012 H maxi= 2.20m)"

en précisant toujours que "selon les précipitations à venir, il est fort possible que cela ne soit pas le maximum".

A noter un risque de perte des données télétransmises (Argelès et Lourdes) par submersion si la situation continue à évoluer significativement à la hausse, et suivant la présence ou non d’embâcles.

Le 19 juin à 6h, le tronçon Adour-Maritime est placé en orange du fait de la propagation de la crue vers l'aval. A 16h, le tronçon du gave de Pau reste en rouge mais la vigilance descend d'un cran (rouge vers orange) sur le département 65.

A 22h, la vigilance passe du rouge à l'orange sur le gave de Pau, et accessoirement, du orange au jaune sur le gave d'Oloron.

Le 20 juin à 10h, la vigilance passe du orange au jaune sur le tronçon "Adour amont" (qui comprend aussi l'Echez) et sur le tronçon "Garonne amont - Nestes".

Et c'est vers 21h le 20 juin que les deux derniers tronçons en orange (Gave de Pau et Adour maritime) passe de la vigilance orange à jaune.

 

Graphiques des hauteurs d'eau

Vigicrues permet d'afficher les hauteurs d'eau à des stations hydrométriques et pour certaines les débits. Sur la Garonne et le Gave de Pau, seules des hauteurs d'eau ont été fournies avec pour certaines stations, des mesures stoppées ou incohérentes pendant la crue, celle-ci ayant abîmé le matériel de mesure (cas de Bossost, Argelès, Lourdes et Nay).

Limni_Garonne1

Ci-dessus, le graphique représente les hauteurs d'eau relevées aux stations sur une période de 15 jours centrée sur la pointe de crue. Hormis Luchon sur la Pique, les hauteurs concernent la Garonne. Dans les jours précédents la crue, on remarque une hausse régulière des niveaux d'eau, du fait de la fonte nivale. Le cycle diurne de fonte est bien visible avec une hausse des niveaux en journée avec un maximum en soirée puis une baisse des niveaux dans la nuit.

Limni_Garonne2

Sur ce graphique qui est un zoom du précédent sur 72h, on remarque la montée rapide de la Pique à Luchon : 10h entre le début et la fin de la montée. A Saint-Béat sur la Garonne, ce délai est ramené à 7h. La station de Chaum voit d'abord passer le pic de crue de la Garonne supérieure (première pointe à 13h TU), puis celui de la Pique (15h TU).

hauteurs max observées sur les Nestes (graphique à venir) : 5,25 m à Arreau (Nest d'Aure), 1,95 m à Arreau (Neste du Louron)

Sur les graphiques ci-dessous, sont présentés les limnigrammes des crues d'octobre 2012 et juin 2013 sur une durée de 72h. Attention, les heures sont en temps légal sur le graphique du haut et en temps universel pour celui du bas (ajoutez 2 heures pour avoir l'heure légale d'été).

Limni_Gave-Pau-2012

Limni_Gave-Pau

En juin 2013, on remarque des hauteurs d'eau importantes avant la crue, notamment à Argelès-Gazost. Avec les chaleurs (intermittentes) de la deuxième semaine de juin et notamment du dimanche 16, la fonte nivale a engendré des débits soutenus sur le Gave : dans le cycle diurne de fonte, le maximum journalier à Argelès est observé vers minuit car il faut quelques heures pour que la fonte sur les sommets, dont le maximum se produit en milieu d'après-midi, arrive à Argelès. Or, on observe 2 m à minuit le 11/6, 2,18 m le 12/6, 2,26 m le 13/6, 2,66 m le 14/6 et le 15/6, 2,78 m le 16/6. En moins d'une semaine, la fonte nivale a grossi le niveau du gave à Argelès de 80 cm. Par comparaison, lors de la crue d'octobre 2012 (période sèche de début d'automne), la hauteur d'eau au début de la crue était inférieure à 1 m, soit 2 m plus bas. Autre comparaison avec le mois de mai 2009 cette fois-ci dans une version "ça aurait pu être pire" : le dimanche 24 mai 2009 (dernier jour du pont de l'Ascension), par le simple fait de la fonte nivale engendrée par des températures estivales, le niveau du gave de Pau était monté à un peu plus de 3 m à Argelès et 2,2 m à Lourdes, ce qui avait valu une vigilance orange crue.

Le niveau commence à monter à Argelès le 18 juin à 4 h TU (soit 6 h légale) et le maximum sera atteint à 18h TU (20 h légale) avec 5,20 m, soit + 2,45 m en 14h et un gradient de montée moyen de 18 cm/h.

Passés les 4 m, la station de Lourdes n'a plus fourni de données par la faute d'un boitier d'enregistrement noyé, boîtier situé le long de l'avenue du Paradis.

A Nay, la station a fourni des valeurs erronées à partir de 18h TU le 18/6. Le dysfonctionnement est bien visible puisque le maximum enregistrée a lieu à 18h TU en même temps que le maximum à Argelès alors que Nay est situé près de 50 km en aval. A Artiguelouve (pont de la RD 501 ci-dessous), le maximum a dépassé à peine les 3 m.

 

1018_Artiguelouve_pont-aval

Comparaison des pluies d'octobre 2012 et juin 2013

Les précipitations observées aux stations pluviométriques attestent de pluies bien plus fortes en octobre 2012 qu'en juin 2013 (valeur octobre 2012 / valeur juin 2013 ; sources Météo France - site www.pluiesextremes.meteo.fr ; édition 12/03/2013 - bulletins de vigilance météo).

Gave de Pau

Gavarnie : 300 mm / 162 mm
Gèdre : 182 mm / 122 mm
Cauterets : 175 mm / 126 mm
Luz Saint-Sauveur : 145 mm / 124 mm
Barrèges : 140 mm / 103 mm

Gave d'Oloron

Laruns : 236 mm /
Urdos : 226 mm /
Lescun : 191 mm / 88 mm
Accous : 177 mm /

Nestes

Genos : 173 mm / 127 mm
Loudenvielle : 102 mm /
Saint-Lary : 91 mm /

Alors pourquoi une crue moins forte en octobre 2012 malgré des pluies 1,5 fois plus importantes qu'en juin 2013 ? Pour l'inverse des raisons évoquées pour expliquer la crue de juin 2013 :

- niveau d'étiage en début d'automne
- sols secs sur les versants
- stock de neige au plus bas.

La crue de juin 2013 dans l'histoire

En amont de Chaum sur la Garonne et d'Argelès-Gazost sur le gave de Pau, il s'agit d'un phénomène similaire en terme de dégâts aux crues d'octobre 1937 (crue ayant surtout touché les Nestes sur le bassin garonnais) et de juillet 1897 (Garonne, Neste et gaves). La stricte comparaison en termes de hauteurs atteintes en des points précis (ponts le plus souvent) est toujours difficile pour ce genre de cours d'eau torrentiels pour différentes raisons :
- ces rivières charrient des tonnes et des tonnes de matériaux solides pendant ces fortes crues. Aussi, les fonds varient en permanence pendant la crue avec un très fort charriage au plus fort de la crue et une phase de dépôt pendant la décrue. Il n'y a donc pas de stabilité des profils des cours d'eau, ni en crue, ni au fil du temps. En ce sens, la demande récurrente des élus et des riverains du besoin de "curer" le lit pour donner une plus grande capacité au cours d'eau est illusoire et montre leur méconnaissance totale de la dynamique de ces torrents.
- on voit qu'aujourd'hui, même avec une mesure instrumentée des hauteurs d'eau dans les rivières, des dysfonctionnements se produisent lors des plus fortes crues. Dans un passé lointain, les hauteurs d'eau étaient notées à l'oeil en suivant au mieux l'événement avec le risque pour des crues rapides, de louper la hauteur maximale atteinte
- des embâcles peuvent s'amonceler en amont des ouvrages et fausser la hauteur mesurée.

CRUE de 1937

Cause du phénomène : Chute de neige les 22 au 23/10/1937 puis vent du sud et pluie, crue à partir du 26, orage le 27. pluies abondantes et vents chauds du sud et du sud-ouest activant la fonte des neiges

Principaux dégâts (source RTM et le Républicain des Hautes Pyrénées):

LUZ ST SAUVEUR: Chemin en amont du pont de l'égalité (sur le torrent de l'Yse) emporté. Plusieurs maisons du village voient leur rdc inondé à cause du Bastan (?) : on relève plus d'un mètre d'eau dans certaines rues malgré les barrages mis en place par les gardes mobiles en garnison à Luz. La route entre Luz et Gèdre est emportée sur plus de 800 m

GEDRE: sur les chemins ruraux, ponts de Moule, Peyregnet, Arraillé, Grustète, Gardette et Puntou détériorés. Ravinements et excavations ;  dégâts à la RD921 coupée en deux endroits ; le Gave de Gavarnie emporte l'angle de la maison et le four de la maison Camarote (lieu-dit : Trimbareilles)

CAUTERETS: Passerelle de l'Esplanade du Casino submergée, nombreuses berges endommagées, un immeuble adossé à l'Hôtel Royal totalement détruit, tous les ponts des hautes vallées emportés ; affouillement mur soutènement mairie, place de la mairie et destruction angle SO lavoir communal place de la mairie et de la digue de protection formant soutènement. Deux maisons du centre ville en bordure du gave se sont écroulées après avoir vu leurs fondations sapées. Digue de défense voie ferrée emportée, voie ferrée endommagée. Un effondrement de terrain de plus de 10 000 m3 a isolé Cauterets le mercredi matin en coupant la voie ferrée et la route au lieu dit calypso.

GAVARNIE (lieu-dit : route du chaos, 1km au nord de Bareille): RN emportée. Destruction du CVO1 entre le pont de Broule et la passerelle Lartigue, sur 100m. Excavation du CVO2 vers Coumély. Pont de Bareilles endommagé. chemin de Saousse: passerelle emportée, chemin du Vignemale: passerelle de St Savin détériorée. Route coupée en 5 endroits entre le pont de Bareille et Gavarnie.Gavarnie isolée.

ARGELES GAZOST: chemin vicinal ordinaire n° 9: ponceau emporté et ravinements aux abords de la pisciculture

GEU: terrains communaux emportés

AGOS VIDALOS: champs et prés ravinés ou engravés. Chemin vicinal ordinaire n° 1 bis emporté. Terrains communaux emportés. Maisons inondées ; RN21 coupée sur 500m par 60cm d'eau entre Agos et téléphérique du Pibeste. Des habitants évacués de leurs maisons par barque par les gendarmes pendant la nuit et la matinée du 28/10.

BOO SILHEN: taillis et pâturages envasés

PRECHAC: champs et prés inondés ou engravés. Chemin vicinal ordinaire n° 2: mur et chemin emportés. Pacages communaux complètement détruits, digues emportées, champs et prés inondés ou engravés.

SOULOM : la digue protégeant l'usine hydroélectrique rompit vers 11h le mardi. Moteurs et machines furent inondés et recouverts par 50 cm de boue.  Un des bâtiments de la cité ouvrière également inondée, trop proche du gave, s'écroula. L'usine des phosphates tunisiens a été touchée un peu plus tard en début d'après-midi : l'eau a envahi un bâtiment dans le quel se trouvaient les pompes, arrêtant de fait le travail des 150 ouvriers. Le pont reliant l'usine à la gare de Pierrefitte s'est écroulé. La reprise du travail n'est pas prévue avant une petite semaine.

Ci-dessous, on peut voir les eaux du Gave en furie sur l'extrait du journal "La petite gironde" du 31/10/1937, trouvé aux archives départementales de Tarbes.

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PIERREFITTE NESTALAS: propriétés riveraines inondées sur 1 km apports de blocs considérables, propriétés et scierie emportées ; Champs et prés engravés ou ravinés. Usine des Phosphates Tunisiens endommagée. Cie des chemins de fer PCL: murs, barrages, canal endommagés.au pont de Villelongue, le Gave coule sur la route et isole une maison, 1 m de hauteur d'eau. 1 maison de la cité ouvrière emportée. Excavation de 5m de diamètre et 5m de profondeur sur la RN21 à 2km au sud de Pierrefitte. L'usine électrique du Midi est inondée: Pierrefitte est privée de lumière. Communications téléphoniques avec Luz coupées.

VILLELONGUE: IC13 et chemins vicinaux aboutissant à la passerelle Fould endommagés. Passerelle Fould endommagée (passerelle en bois reliant Villelongue à Pierrefitte). CVO7 emporté sur 150 m par le Gave qui est sorti de son lit sur 400 m, propriétés riveraines endommagées. Sablière détruite. RN21 submergée vers 12h le 28/10, banquettes emportées et chaussée dégradée. Le pont du tramway fut submergé mais a résisté. Une digue dite de "lalaque' (aujourd'hui Lalanne ?) protégeant la cité Lacoste, s'est rompue vers 3h30 du matin, submergeant sept maisons par plus de 1,5 m d'eau.

BEAUCENS: landes, bois, pacages dévastés; digues affouillées ou submergées et emportées; CD13 emporté sur une centaine de mètres entre Beaucens et Villelongue ; circulation interrompue; le Gave empêche l'accès à la passerelle Fould

LOURDES: le gave déborde après le couvent des Clarisses. Le boulevard de la grotte, l'esplanade y compris le monument au mort, la grotte et le musée Bernadette, les caves de l'imprimerie sont noyés. Le lotissement du Paradis est sous l'eau, comme la rue éponyme sous 1 mètre d'eau de l'usine à gaz jusqu'au nouveau pont Peyramale. La rue Peyramale sur la rive opposée est également inondée. Hôtels de Londres, de Gallia (rue de la Grotte), St Paul, Massabielle (avenue Peyramale) inondés, ainsi qu'un garage de l'avenue du Paradis. La rue du Paradis est inondée  avec de l'eau au rez-de-chaussée

Voie ferrée Lourdes-Pierrefitte détériorée à plusieurs endroits : circulation sur voie ferrée interrompue.

Voie ferrée vers Bayonne sous les eaux au niveau de Peyrouse, commune entre Lourdes et Saint-Pé.

le Gave déborde sur la RN21 de Lourdes à Pierrefitte : au bas de la côte de Viger, en amont du pont neuf de Lugagnan et en amont d'Agos. La route est immergée sur 200m sous 60cm d'eau ;

Terrains communaux emportés. Pont du gave sur l'IC13 endommagé ;

ST PE DE BIGORRE: chemin vicinal ordinaire n° 1 (chemin de St Pé aux grottes de Bétharram) emporté sur 100m. un groupe de maisons en aval de St Pé est inondé (80cm d'eau dans 2 maisons). Usine hydroélectrique endommagée. L'usine Prat est envahie par les eaux et des marchandises sont perdues. L'usine Toustard (filature) voit un hangar rempli de laine brute emporté par les flots ; la scierie a été ravagée par les flots et une partie du stock de produits finis en bois a été emportée. Le village est privé d'électricité. La voie ferrée est emportée sur 130m à 400m en amont de la gare, poteaux télégraphiques arrachés

PEYROUSE: usine hydroélectrique endommagée.

Les communications reprendront le jeudi 30/10 sous diverses formes avec la très-haute vallée : téléphone rétabli avec Cauterets, courrier jusqu'à et depuis Gavarnie. A cette époque, la question du ravitaillement concerne surtout le pain. A Luz, le stock de farine est suffisant pour faire du pain pendant 15 jours. A Gavarnie, c'est 8 jours.

La route entre Pierrefitte et Luz, coupée sur 200 m, voit la construction d'un passage provisoire qui est espéré en service d'ici le dimanche 2/11. Entre Luz et Gèdre, la route reste coupée en 2 points.


CRUE de juin 1885

A l'origine des crues, des pluies pendant 3 jours avec un vent de sud - sud-est favorisant la fonte des neiges se trouvant en quantité anormale à cette époque en montagne. Une seule vicitime aurait été à déplorer avec la noyade d'un homme à Luz.

Informations sur les dégâts : LUZ ST SAUVEUR: scierie détériorée. Les dépendances de l'hôtel de l'Univers (à Luz?) sont emportées ; Bastan pont de Luz = 1,40m

crue de l'Arros 3,85 m à l'échelle de Tournay au plus fort de la crue. Atteint la crue de 1875


CRUE de juin 1875

Cause du phénomène : pluies diluviennes sur toutes les Pyrénées: lame d'eau de 189mm sur le BV du Bastan, soit 13mm/h

PRECHAC: prairies communales emportées; CVO longeant le Gave de Préchac à Argelès (dit chemin de Lourdes) endommagé

VILLELONGUE: IC13 (ndla : aujourd'hui RD13 qui longe le gave en rive droite) eemporté sur 71m, 2 brèches dans le mur qui le protégeait. Champs engravés

ESTERRE : destruction du pont de Soula et de la digue de protection de la RN21 (ndla : aujourd'hui RD918, route de Barèges) et du village sur la rive gauche du Bastan, lavoir communal et quelques maisons au nord du village endommagés

ST PE DE BIGORRE: tous les ponts sur le Gave sont détruits . Rive droite et rive gauche corrosions de berges, terrains emportées d'autres ensablées. Ouvrages défensifs emportés. Peupliers, récoltes emportées

 

CRUE de juillet 1897

Cause du phénomène : printemps neigeux et froid: accumulation d'une couche de neige exceptionnelle en haute montagne, pluies orageuses abondantes les 2 et 3/7, vents tièdes, fonte des neiges (environ 16mm/h le 3/7, 78mm d'eau au Pic du Midi) ; Précipitations: 130mm d'eau en 8h (16mm/h le 3/7)

Nature de l'événement : crue du Bastan. Erosions de berges, talus morainique emporté en plusieurs points entre Barèges et Tournaboup. Chaussée d'accès du côté de la rive gauche emportée partiellment

ESQUIEZE SERE: propriétés endommagées

ESTERRE: Gros dégâts . Butte de terre reliant pont d'Esterre à la RN emportée, route corrodée

LUZ ST SAUVEUR : gros dégâts, pont de Villenave endommagé et pont de Marcats à reconstruire ; hôtel Payotte partiellement détruit, l'hôpital et une scierie sont à moitié emportés par les eaux

BAREGES: 20 maisons détruites, thermes du Barzun, casino et ponts endommagés, prairies emportées; les 8 maisons entre la digue de Louvois et l'hôpital militaire sont complètement éventrées par le Bastan. Buanderie de l'hôpital militaire détruite. Pont de Pontis détruit. Entre Barèges et le Tourmalet : Route emporté en 11 points, destruction du pont de la Glaire ; route thermale détruite entre Luz et Barèges (coupée par les laves des torrents)

VIELLA: RN21 détruite . Prairie et sablière emportées en bordure RN à l'aval de Viella

BETPOUEY: perte de plusieurs maisons, destruction presque complète de la RN21, terrains perdus ou gravement endommagés

SERS (lieu-dit : Piets notamment): route thermale n°2 et RN21 en parties détruites. Destruction de constructions riveraines et de terrains. Pont du haut Barèges détruit (pont du CVO4 sur le Bastan entre le chemin de Calas et la route). Murs protégeant la canalisation d'eau potable emportés. Pont de Duco détruit

VIEY: pont du CVO2 sur le Bastan emporté (entre le village et la RN21), passerelle piétons emportée

ARGELES GAZOST (lieu-dit : pont de Tilhos): Pont endommagé
 

Les dégâts en 2013

Trois décès à déplorer, tous dus à une imprudence :

  • une personne âgée emportée par une vague alors qu'elle observait le torrent de l'Yse en furie depuis un pont à Luz ;
  • une personne noyée car coincée sous une voiture sur l'avenue du Gl Leclerc inondée à Pierrefitte-Nestalas, alors qu'elle retournait de nuit chercher des affaires après avoir été évacuée
  • une personne noyée dans la plaine du gave de Pau après s'être engagée sur une route inondée interdite à la circulation.

Pour le reste, beaucoup de dégâts, principalement le long de la Garonne supérieure (Saint-Béat notamment), de la vallée de la Pique (Bagnères-de-Luchon envahie par les eaux), des gaves de Cauteret, de Gavarnie (qui forment le Gave de Pau) et de son affluent le Bastan qui descend du Tourmalet.

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Témoignage des dégâts aux infrastructures routières (photo ci-dessus), la RD13 qui borde le gave de Pau au pied de Villelongue face à Pierrefitte-Nestalas. En deux endroits, la route a été détruite par le gave. Cette route construite en bordure du gave, en léger remblai, est emportée à chaque crise du gave. Sans exhaustivité, l'histoire nous rappelle qu'en 150 ans, le gave l'a détruite au moins à 4 reprises : en juin 1856, en juillet 1897, en octobre 1937 et en juin 2013. La raison en est simple : ce tronçon de route est situé à la confluence des 2 gaves (celui de Cauteret débouchant perpendiculairement à la route) et à la sortie des gorges où les gaves libèrent leur énergie.

Ci-dessous le camping de Saint-Béat près de 6 mois après la crue.

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Photos avant / après la crue

Quelques comparaisons avant et après la crue grâce à google street view et le géoportail de l'IGN pour les vues anté. Les points de vue sont pour certains des zooms locaux sur des habitations ou des structures privées. Je précise (on ne sait jamais) que le but des photos est bien de montrer l'ampleur des dégâts, pas de faire de la (mauvaise) publicité ou d'atteindre d'une quelconque manière la vie privée des propriétaires. Ces comparaisons sont aussi une manière de montrer la force d'un torrent de montagne et de faire prendre conscience aux habitants, aux élus, aux acteurs de la vie économique d'autres territoires similaires que la nature est plus forte que l'homme, quels que soit les aménagements de protection mis en place : le risque zéro n'existe pas. Reprenons ici un extrait de la présentation optimiste du village de Luz sur le site de la commune : "Le gave de Gavarnie et le gave du Bastan traversent Luz et se rejoignent à l'aval du village pour former le Gave de Pau. Luz s'est bâtie sur le cône de déjections morainiques du torrent de l'Yse, qui rejoint le gave du Bastan au niveau de la ville. De tous temps, l'histoire de la ville (et des villages environnants) a été marquée par des inondations destructrices mais sans perte humaine, qui grâce aux travaux successifs entrepris en amont (digue sur la rive gauche du Bastan décidée en 1905, barrages) sont aujourd'hui heureusement maîtrisées". Que les élus expliquent à leurs administrés ce qui a été maîtrisé dans l'inondation de juin 2013... Et contrairement aux fois précédentes, on déplore un décès.

Cette communication toujours (ou presque) optimiste en matière de gestion du risque inondation se retrouve dans le chipotage et la négociation (dans le mauvais sens du terme) systématiques qui ont lieu lors des réalisations par l'Etat des Plans de Prévention des Risques inondation ("quoi, vous mettez mon terrain en zone rouge, il n'a jamais été inondé" ou "vous ouvrez le parapluie, on ne verra jamais un événement de ce type"). Et quand la catastrophe arrive, hop, on se retourne vers l'Etat pour qu'il paye, qu'il indemnise. Tout ça pour de l'argent, nerf de la guerre mais que la nature ignore superbement : un maison en zones inondables perd de la valeur (dans les mois qui suivent une crue mémorable peut-être, sinon il suffira d'arguer qu'on n'a JAMAIS vu de l'eau, que des protections existent MAINTENANT, bref la litanie habituelle visant à nier le risque), un terrain non construit en zone rouge à proximité d'une zone urbanisée, c'est l'assurance qu'il aura à l'avenir une simple valeur agricole et pas la valeur d'un terrain constructible (rapport de 1 à 100 parfois).

Après cette apréciation personnelle, commençons la série de photos avant/après par le village d'Esterre, dans la vallée du Bastan juste après Luz en montant vers Barèges. Vue satellitaire issue du géoportail de l'IGN. Depuis le pont d'Esterre (flèche rouge), le Bastan (trait bleu semi-transparent) serpente un peu vers l'ouest (à gauche) dans une plaine glacière aux vertes prairies. Juste après le pont en rive gauche, feu le camping "Le Bastan" dévasté par la crue et aujourd'hui fermé (en zone rouge au PPRi, pas sûr qu'on autorise à nouveau le camping). Par deux cercles rouges, sont symbolisées 4 habitations dont 3 sont très récentes.

Esterre-geoportail

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Les deux habitations en rive gauche (cercle rouge du bas) après la crue et déblaiement par des engins lourds (on est plus d'un mois après la crue). Elles étaient à 50 m du lit du Bastan.

P1040284

A la base, c'était pour prendre le panneau de la montée au Tourmalet. Mais au troisième plan, on voit les deux habitations en rive droite (cercle rouge du haut) après la crue. Si celle au crépi saumon (à gauche) a été épargnée, celle au crépis blanc a vu petits et gros blocs se poser devant la façade". Ces deux maisons étaient à 70 m du lit initial du Bastan. A proximité, une autre maison très récente a été entièrement emportée par la crue.

Terminons à Esterre par des photos très parlantes, prises du pont avec vue vers l'aval (camping "Le Bastan" à gauche) : de haut en bas, le Bastan en hiver avant la crue (source google), le Bastan et une crue déjà bien amorcée (journée du 18 juin ?), et le Bastan après la crue.

Esterre-google

Bastan_Esterre_pont_13h_Aline_Louyat

P1040292

Passons ensuite à la limite communale entre Luz et Esquièze-Sère avec le pont sur le Bastan. Cerclé en rouge derrière le rideau d'arbres au second plan, on devine des voitures sur le parking du Bastan.

Bastan_pont-de-Luz_google

P1040278Après la crue, le rideau d'arbres a disparu... et le parking aussi. La preuve (j'ai raté l'angle du bâtiment à gauche mais c'est le même point de vue)...

Bastan_parking-Luz_google

P1040283

On descend un peu la rive gauche du Bastan à Luz jusqu'au bout de l'avenue du Maoubesi. Par arrêté municipal, la maison ne peut plus être habitée.

Luz_rue_maoubesi-google

P1040276

En reprenant la route qui descend vers Saint-Sauveur, on croise le torrent de l'Yse avec une vue vers l'aval tout d'abord pour constater que toute la végétation rivulaire a été emportée.

Luz_Yse2_google

P1040294

Le même torrent vers l'amont cette fois, avec une prise de vue un peu décalée par google (face au chemin sur lequel la pelle hydraulique circule).

Luz_Yse3_google

P1040295

Après les photos, voici un résumé des dégâts réalisés à partir des coupures de la presse locale (La Dépêche du Midi - édition 65 et 31 ; Sud-Ouest - édition Béarn).

Gave de Pau

Moyens de secours : 240 pompiers (170 du seul département 65) dont 10 plongeurs, 125 militaires, 4 hélicoptères.

A Cauterets,le gave a emporté la route qui monte de Pierrefittes. Deux maisons et une grange ont été emportée par le torrent.

Les communes de Barèges, Luz-Saint-Sauveur et Cauterets étaient encore isolées le mardi 19 au soit, sans eau
courante, ni électricité, ni téléphone. Barèges avait été évacué.

A Lourdes, des protections préventives avaient été mises en place dès le lundi 17 juin mais le niveau de la crue, bien supérieur à celui de la crue d'octobre 2012, a mis à mal ces protections qui n'ont eu pour effet que de retarder l'inondation. Les hôtels et commerces bordant la rue du Paradis ont été durement touchés. L'avenue du Paradis borde le gave en rive droite avec un muret de protection d'environ 1 mètre de hauteur. Ce muret n'est pas continu puisqu'il s'arrête un peu avant le pont vieux, laissant tout le loisir au gave d'entrer dans la rue par ce point faible. D'autre part, avant le débordement par dessus ce muret, le niveau de l'eau du gave est au dessus du niveau de la rue (le muret agit comme une digue). Aussi, il est nécessaire que l'eau ne remonte pas par le réseau "d'égoût", ce qui implique de mettre des clapets anti-retour au niveau des sorties dans le gave. Enfin, si le niveau du gave dépasse celui du muret, l'eau entre dans une cuvette dont le point bas se situe au pied des bâtiments qui bordent l'avenue. Il en résulte que c'est au rez-de-chaussée des bâtimens que la hauteur d'eau est la plus forte.

Aux Sanctuaires, l'eau et la boue ont tout envahi. La basilique souterraine épargnée de peu en octobre 2012 a cette fois baigné dans l'eau.

Le trafic ferroviaire a été interrompu entre Lourdes et Pau, le gave ayant emporté le remblai sur 50 mètres au pont d’Igon à Coarraze. Après de lourds travaux, le trafic ferroviaire n'a pu reprendre que le 8 août. Ci-dessous quelques photos en provenance des journaux Sud-Ouest et la République des Pyrénées.

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Entre Argelès et Lourdes, la 2x2 voies de la RD821 a été inondée entre la bretelle d'accès à Agos-Vidalos (le passage inférieure de la bretelle sous la RD821 était noyé) et le tunnel qui passe sous la tour de Vidalos : il est d'ailleurs étonnant que cette 4 voies ait été inondée. Construite dans le lit majeur du gave en ??? et parfois très (trop ?) proche du lit, itinéraire structurant de la vallée des gaves, elle devrait être hors d'eau jusqu'à la crue centennale : erreur de calcul, crue centennale en 2013 ou autre choix de mise hors d'eau, le mystère reste entier.

En amont d'Argelès, une pisciculture a été noyée, à priori par le gave d'Azun. Le centre aquatique du Saillet a également souffert.

En amont de Pierrefitte, la route d'accès à Luz (RD921) a été coupée par le gave de Gavarnie, de même que la RD13 menant à Villelongue au niveau du giratoire commun à ces deux routes.

Evacuations

Pierrefitte-Nestalas : 45 personnes évacuées dans le quartier la Lanne (avenue Leclerc, rue Boileau) qui borde le gave de Cauterêt en rive gauche. le gave  rompu la digue de protection.

Adast : 35 personnes évacuées, notamment le chemin du Comté au lieu dit "Les Rôtures". La voie verte qui emprunte l'ancien tracé de la voie ferrée, pourtant en remblai a été submergée en quelques points,

Garonne amont

450 personnes évacuées à Saint-Béat.

Nestes

A Arreau, la place de l’Arbizon (où trône la halle) a été inondée et les réseaux (eau, électricité, assainissement) sont endommagés;

Sir la RD76, le pont de Saint-Laurent-de-Neste est détruit (cf. photo de la une de la Dépêche), coupant la liaison routière avec les villages d'Aventignan et Mazères.

La presse locale

Commençons pas la Dépêche du Midi avec les éditions de Toulouse et des Hautes-Pyrénées.

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