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Une tempête hivernale, des pluies importantes, le centre ville de Morlaix inondé en deuxième partie de nuit du lundi 23 au mardi 24 décembre 2013 alors que le service rennais en charge de la vigilance crues sur ce cours d'eau n'avait rien signalé (présentation de ce service dans Ouest-France du 7/01/2014). Il n'en faut pas plus pour que la colère gronde, alimentée par l'article du journal local Le Télégramme dans son édition du 26/12/2013.

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L'hebomadaire L'Express a également lancé le débat, avec de premières réponses apportées par Météo France mais où un semblant de gêne semble poindre de l'établissement public.

Puis les quotidiens nationaux Le Figaro et Le Monde y sont allés de leur article. Dans le journal de droite, c'est un condensé d'éléments vus par ailleurs et on ne trouve que les faits. Dans le journal "apolitique", l'article est assez creux au final car ne posant aucune véritable question qui fâche, portant le débat sur l'origine des crues plus que sur le raté du service qui est censé les prévoir.

 

PRÉSENTATION DE LA RIVIÈRE DE MORLAIX

La rivière de Morlaix porte plutôt mal son nom puisque d'une part, c'est un fleuve (côtier) et non une rivière, et d'autre part, elle traverse la ville en souterrain avant d'arriver dans le bassin à flot (ci-dessous ouvrage souterrain débouchant dans le bassin).

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Le bassin artificiel d'environ 800 mètres de long (photo ci-dessous) est maintenu à flot toute l'année à un niveau constant ou presque grâce à une écluse.

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Ci-dessous l'échelle de mesure du niveau d'eau du bassin à flot.

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A l'aval de l'écluse (photo ci-dessous avec le viaduc de la RN12 au 2nd plan), la rivière de Morlaix retrouve son lit naturel envasé et s'étire tel un aber finistérien entre les collines voisines avant de s'élargir au niveau de Locquénolé (rive gauche) et du Dourduff (rive droite).

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En amont et en aval de l'écluse, le niveau d'eau est mesuré en valeur relative par une échelle. Le zéro des deux échelles n'est pas calé à la même altitude et on peut estimer un différentiel d'environ 3,4 m entre les hauteurs affichés à l'aval et à l'amont de l'écluse pour un même niveau d'eau (équivalence de 9,2 m à l'échelle aval et lecture proche de 5,8 à l'échelle amont).

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En amont du bassin, la rivière de Morlaix circule en souterrain, probablement dans une structure dite "cadre" en béton, sous la place Charles-de-Gaulle (du bassin au viaduc SNCF).

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En amont du viaduc, la rivière passe en souterrain sous la place des Otages.

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C'est sous cette place, à proximité du kiosque, que le Jarlot et le Queuffleuth se rencontrent et donnent naissance à la rivière de Morlaix :

  • le Jarlot (bassin versant de 86 km² de superficie, 17 km de longueur, 1.6% de pente moyenne) débouche en parallèle de la rue de Paris.
  • le Queffleuth (bassin de 97 km² de superficie, 22 km de long, 1.6% de pente moyenne), débouche en parallèle de la rue de Brest.

Le Jarlot est à l'air libre jusqu'à l'allée de Poan Ben qu'il longe, fortement contraint entre les murs des maisons et le mur de soutennement de la voirie.

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C'est par un large ouvrage qu'il passe sous les maisons et au niveau du carrefour de la rue de Paris / rue de l'Aiguillon et place du Dossen (vue amont/Aval ci-dessous).

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Il fait une dernière apparition à l'air libre sur 40 m linéaire le long des anciennes halles (aujourd'hui une librairie) avant de disparaître définitivement sous la Venelle des Halles.

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On peut néamoins supposer qu'à une époque lointaine (XIXè siècle ?), il s'écoulait à l'air libre le long de la rue des lavoirs.

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Quant au Queuffleuth, il est à l'air libre jusqu'au parking situé en arrière de la rue de Paris et en contrebas de la rue de l'Hospice, après un ouvrage d'une quarantaine de mètres devant le parking de l'Intermarché.

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C'est au début de la rue de l'Hospice que le cours d'eau disparaît sous les maisons.

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En amont de Morlaix, les deux cours d'eau empruntent deux vallées relativement parallèles et assez similaires.

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Les deux bassins versants (cf. plan ci-dessus sur fond IGN scan250) sont étirés dans le sens sud-nord pour le Quefflueth et SE-NO pour le Jarlot. Ils sont peu urbanisés et présentent des pentes de versant assez fortes, favorables aux ruissellements. Chacun possède une station hydrométrique (mesurant la hauteur d'eau) à l'amont immédiat de la partie urbanisée de l'agglomération de Morlaix, quelques centaines de mètres avant l'entrée dans la partie couverte. Ci-dessous la station des "3 chênes" sur le Queffleuth près du lotissement éponyme à Plourin-lès-Morlaix (photo d'octobre 2011).

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Dans la traversée urbaine de la ville basse, la rivière de Morlaix et les deux cours d'eau (Jarlot et Queufleuth) ont été couverts petit à petit au fil du temps.

Les plus vieilles images aériennes existantes de l'IGN datents des années 1920. A cette époque et jusqu'au début des années 1960, le bassin à flot remontait bien plus en amont, au niveau du bâtiment de feu la Banque de France. La place entre le bout du bassin et la viaduc se nommait place Cornic.

 

La couverture de la rivière de Morlaix entre la Banque de France et son extrémité actuelle (avenue de la République) se fit entre 1961 et 1964 (ci-dessous, photo ©Ouest France)

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Avant les années 1870, le bassin arrivait au pied du viaduc (© Conseil Général du Finistère).

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Et à une époque encore plus reculée, le bassin arrivait quasiment au pied de l'acuelle mairie (© site de Jean-Marie Pouliquen)

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NIVAUX d'EAU AUX ECLUSES du PORT : quelques explications 

On peut voir sur le graphique ci-dessous la différence entre la hauteur d'eau dans le port à flot (la hauteur à l'écluse amont) qui varie peu et la hauteur dans la rivière à l'aval de l'écluse sous l'influence du cycle de la marée (hauteur à l'écluse aval), graphique repris du site vigicrues dans les 15 jours autour de la crue.

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Il s'agit bien de hauteurs par rapport à un niveau zéro de référence identique et qui sont comparables, comme on peut le constater lors des grandes marées où la hauteur dans le bassin à flot est la même que celle à l'aval de l'écluse. La hauteur est celle lue sur l'échelle à l'aval de l'écluse (maxi à 10 m). Pour avoir le niveau d'eau par rapport au niveau de la mer (l'altitude en NGF ou nivellement général de la France), il faut enlever 4,8 m (graphique ci-dessous).

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Il devient alors aisé de comparer ce niveau (ou altitude du plan d'eau) avec le niveau des voiries et places inondables de Morlaix. D'après le réglement d'information sur les crues (RIC) disponible sur le site internet du service déconcentré de l'Etat en Bretagne, l'altitude du point bas de la place des Otages est à 5,02 m NGF. Une marée de coefficient un peu supérieur à 100 dans des conditions atmosphériques normales induit les premiers débordements sur cette place. Pour une marée d'équinoxe de coefficient 118, la cote de l'eau à l'écluse atteint la hauteur théorique de 5,49 m NGF, ce qui représente près de 50 cm au point bas de la place des Otages.

On a modifié complètement le fonctionnement hydraulique du cours d'eau, en l'enterrant et en le faisant déboucher dans un bassin à niveau constant : on a perdu notablement de la capacité d'écoulement (canalisation, perte de pente et forte contrainte aval), donc aggravé l'aléa inondation. Dans ces conditions, et même si la crue (le fait que le niveau monte dans les cours d'eau) est évidemment due à des précipitations d'origine naturelle, l'inondation (le fait que l'eau s'étale dans le centre urbain) fait la part belle à l'action (ou l'inaction) de l'homme. La seule parade consiste à ce jour à distribuer des sacs de sable et à mettre des batardeaux pour empêcher l'eau de rentrer dans les commerces et les habitations. Elle est concevable lors des marées hautes de forts coefficients puisque l'eau ne peut plus s'évacuer mais elle l'est moins lorsque les rivières débordent.

 

CRUES HISTORIQUES : quand et comment ?

Les crues de la rivière de Morlaix sont dues à des pluies "intenses" sur le nord du Finistère pouvant prendre un caractère orageux. Les inondations dans Morlaix sont dues soit aux crues des deux rivières qui débordent avant la partie couverte (rue de Brest et de Paris notamment), soit à une remontée de la marée lors de forts coefficients avec surcote marine dans la partie couverte, l'eau remontant dans la partie enterrée de la rivière et sortant sur les places à proximité du viaduc ferroviaire par les bouches du réseau pluvial. Les deux phénomènes (crue des rivières et contrainte de la marée) pouvant évidemment se cumuler.

Extrait de la note de présentation du Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRi) de Morlaix : "Les communes de Morlaix, Saint-Martin-des-Champs et Plourin-les-Morlaix sont soumises à des débordements de cours d’eau entraînant l’inondation de lieux habités. Ces phénomènes d’occurrence sensiblement décennale résultent de conditions pluviométriques hivernales importantes sur sols saturés. Sur Saint-Martin-des-Champs et Morlaix, ces conditions hydrologiques sont aggravées par l’effet de la marée."

Toujours dans le PPRi, on trouve quelques éléments d'hydrologie :

  • Pour les forts débits, les débits de pointe du Jarlot et du Queffleuth sont en concomitance. [...] fonctionnement hydrologique assez semblable des deux bassins versants.
  • Le temps de montée (du début au pic de crue) pour des événements de forte intensité de courte durée sont de 20 à 24 heures.
  • Le début des dommages sur le secteur de Morlaix correspond à un débit d’environ 30 m3/s sur chacune des deux rivières.
  • Les deux épisodes de crue les plus importants de ces 20 dernières années (1995 et 2000) sont marqués par de fortes précipitations dans la période automnale précédent l’événement et une durée de l’épisode intense dépassant 24 heures.
  • La hauteur de marée influe également sur le niveau atteint par les eaux dans le centre-ville de Morlaix et au-delà du lieu de confluence du Queffleuth et du Jarlot. [Ndla : cette assertion est en partie vraie. C'est surtout le niveau du bassin à flot dans le quel se jette la rivière de Morlaix qui a une importance. La marée ne joue que pour les forts coefficients et en cas de concomittance entre la marée haute et la pointe de crue.]
  • Les crues marquantes sont caractérisées par les conditions pluviométriques suivantes :
    • une intensité de pluie importante (30 mm sur une journée),
    • une répartition spatiale des pluies relativement homogène,
    • une durée de précipitations d’au moins 2 jours avec une lame d’eau cumulée de plus de 50 mm.

Les crues à Morlaix sont loin d'être rares. Le PPRi a même été revu suite aux crues de fin 2000. Les crues les plus dommageables ont eu lieu en février 1974 (ci-dessous coupure de presse de Ouest-France reprise du site de Météo France sur les crues extrêmes), décembre 1979, janvier 1995 et décembre 2000.

Ouest-France_Morlaix1974

En regardant plus loin dans le passé et en élargissant aux crues moins débordantes, on arrive à la liste suivante (source PPRi de Morlaix ; annexe 1 du Réglement d'Information sur les Crues du Service de Prévision des Crues Vilaine Côtiers Bretons ; article du Télégramme) :

  • 1824 avec au moins 1 mètre d'eau dans la basse ville
  • le 31 décembre 1865 associée à une tempête : la basse-ville se retrouve sous un mètre d’eau : "la place de Viarmes, la rue Notre-Dame, la rue de l’Aiguillon, la Grand Place ne forment plus qu’une vaste étendue d’eau, sillonnés par des courants rapides. Près de la mairie, les pavés enlevés sur une longueur de plus de trente mètres, ont été charriés à une distance prodigieuse. Depuis 1824, notre ville n’avait été aussi maltraitée par la crue des eaux ; maisons et commerces sont ennoyés sous plus d’1 mètre d’eau",
  • le 3 octobre 1880 : la hauteur d’eau a atteint par endroit la hauteur de 2 mètres,
  • 3 et 4 janvier 1925
  • 1972
  • 11 février 1974 (coef. de marée de 93) avec des hauteurs d'eau de 1,65 m, place des Otages et 1 m rue de Brest. Au maximum de la crue, on relève 1,2 m à la station des 3 chênes et 1,66 m à celle de Lannidy. A l'issue de cette crue, de lourds travaux seront entrepris (élargissement de la galerie souterraine, suppression des conduites d'eaux usées posées sur plots dans le lit des rivières, pose de grilles destinées à retenir embâcles et détritus divers), modifiant notablement le fonctionnement des cours d'eau et ne permettant plus une comparaison directe des niveaux atteints dans la ville avec les crues suivantes. Ci-dessous, la carte des pluies en Bretagne en 48h du 10 au 12/02/1974 7h (source Pluies extrêmes de Météo France ; édition du 11/08/2011).

 

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  • 28 décembre 1979 avec 0,8 m place des Otages malgré un petit coefficient de marée (60).
  • 14 février 1990 avec 0,2 m place des Otages et 0,4 m rue de Brest (coefficient de marée 76). Au maximum de la crue, on mesure 1,71 m à la station des 3 chênes et 1,11 m à celle de Lannidy.
  • 29 décembre 1994 avec xx m place des Otages et xx m rue de Brest (coefficient de marée 63). Au maximum de la crue, on mesure 1,67 m à la station des 3 chênes et 1,49 m à celle de Lannidy
  • 22 janvier 1995 avec avec 0,5 m place des Otages et 0,4 m rue de Brest (coefficient de marée 74). Au maximum de la crue, on mesure 1,76 m à la station des 3 chênes et 1,73 m à celle de Lannidy.
  • 26 janvier 1995 avec avec 0,75 m place des Otages et 1,0 m rue de Brest (coefficient de marée 74). Au maximum de la crue, on mesure 1,81 m à la station des 3 chênes et 1,85 m à celle de Lannidy. Ci-dessous, les cartes des pluies en Bretagne en 48h du 19 au 23/01/1995 7h et du 23 au 26/01/1995 7h (source Pluies extrêmes de Météo France ; édition du 11/08/2011).

MF_PEx_1995-0123-4JMF_PEx_1995-0126-3J

  • 12 et 13 décembre 2000 : le Jarlot était monté à 1,92 m à Lannidy et le Queffleuth à 2,10 m aux 3 chênes. Dans Morlaix, on mesurait 0,75 m d'eau place des Otages et 1,4 m rue de Brest. Ci-dessous, la carte des pluies en Bretagne en 48h du 11 au 13/12/2000 7h (source Pluies extrêmes de Météo France ; édition du 11/08/2011).

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  • janvier 2001
  • 15 janvier 2008
  • janvier 2009 (tempête Klaus)
  • 28 février 2010 (tempête Xynthia) : d'après le Télégramme (édiiton du 1er mars 2010), les débordements ont commencé le 28/02 dès 4h30 du matin. L'eau des cours d'eau refoulée par la marée est sortie par les bouches d'égoûts au niveau de la mairie. Entre la mairie et le viaduc, on a relevé au maximum 50 à 60 cm d'eau vers 6h30. L'alerte vigicrues avait été déclenchée le 27/2 en fin d'après-midi, permettant à la commune de s'organiser en distribuant sacs de sable et batardeaux. La maire Agnès Le Brun avait alors loué l'alerte vigicrues et demandé l'état de catastrophe naturelle.

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  • décembre 2011

 La vulnérabilité de Morlaix

Le PPRi est bien détaillé sur ce point. Les secteurs les plus vulnérables sont les suivants d'aval en amont :

  • la rive gauche de la rivière de Morlaix sur la commune de Saint-Martin des Champs, zone directement soumise à la marée,
  • les différentes places (Charles de Gaulle, Cornic, Otages) sur la partie couverte des 2 rivières et jusqu'au bassin à flot avec la présence de bâtiments de 3 à 4 étages où les rez-de-chaussée sont occupés par une petite centaine de commerces
  • la rue de Brest à partir de 300 mètres en amont de la partie canalisée du Queffleuth : les rez-dechaussée des bâtiments occupés par des commerces et le supermarché (aujourd'hui Intermarché contact)
  • les bords du Jarlot à Morlaix : les travaux hydrauliques réalisés en 1974 ont amélioré la situation dans cette zone. La rue des Lavoirs reste inondable. La chaussée est coupée allée de Poan Ben et les caves rue de Paris sont affectées par les crues,
  • le Jarlot de l’extrémité de la route du moulin de la Chèvre à la piscine de Lannidy : l’extensionde la zone inondée est grande et affecte entrepôts et bâti peu dense.

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 Dans le RIC, les couleurs de la vigilance crues sont associés aux hauteurs d'eau suivantes :

  1. vigilance verte : situation normale
  2. vigilance jaune : premiers débordements place des Otages et parking recouvert
  3. vigilance orange : commerces impactés et 0,2 à 0,5 m d'eau place des Otages
  4. vigilance rouge : équivalent des crues de 1995 et 2000 avec plus de 0,5 m d'eau place des Otages.

 

La CRUE DE NOËL 2013

Bien au delà de la polémique classique visant à trouver un bouc-émissaire pour se dédouaner côté commune, est-il normal (une fois de plus) de déclarer cette inondation en catastrophe naturelle ? Sans aucune autre réflexion ? Peut-être était-ce pour calmer les esprits des commerçants en ce jour béni pour eux qu'est la veille de Noël ? Est-ce pour tuer dans l'oeuf la polémique, pour faire passer la pillule du raté de vigicrues ?

Ceci étant dit, voyons le contexte de la crue et la chaîne d'alerte.

Contexte climatologique et météorologique

Un été radieux sur la Bretagne (120 mm de pluie à Brest en 3 mois contre  220 mm en moyenne), un mois d'octobre marqué par des précipitations et du froid (146 mm contre 129 en moyenne toujours à Brest), un début novembre très arrosé (127 mm en 10 jours) et une quasi-absence de pluie jusqu'au 12 décembre (environ 25 mm sur les deux dernières décades de novembre, rien début décembre).

Mais à compter du 13 décembre, le temps se gâte, surtout sur les côtes de la Manche et la péninsule bretonne. Quasiment chaque jour voit son lot de perturbations avec des cumuls journaliers notables à Brest : 23 mm le 15/12, 49 mm le 16, 29 mm le 18, et 19 mm le 21 décembre. En 8 jours, ce sont 150 mm qui se sont abattus à l'aéroport de Guipavas (source Météo France).

Le graphique ci-dessous (source vigicrues) montre les réactions modérées des deux cours d'eau formant la rivière de Morlaix à chacun des épisodes pluvieux marqués de décembre et aussi, la crue à l'origine de l'inondation.

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Les conditions étaient donc particulièrement propices à une montée des eaux à la veille d'une tempête censée apportant de fortes précipitations sur la Bretagne.

 

Prévisions et vigilance météorologiques de Météo France

Comme pour chaque tempête c'est le vent qui a eu la primeur de l'actualité, dans les jours précédents comme pendant les heures de son passage. Une tempête à Noël, quel événement ! Si la semaine précédente, l'alarmiste était de rigueur avec des allusions aux tempêtes de Noël en 1999, le souflet est rapidement retombé et on attendait qu'un coup de vent comparable à celui de fin octobre 2013.

Voyons maintenant la vigilance de Météo France (MF pour les intimes) en ne gardant que l'essentiel (merci à l'établissement public de jouer la transparence en permettant l'accès à ses bulletins antérieurs). Rappelons que ces cartes de vigilance météo sont produites par MF et agrègent les informations sur les risques naturels (vent, orages, pluie-inondation, grand froid, neige-verglas, avalanches, inondation, vagues-submersion). Le phénomène inondation seul est relayée sur la carte de vigilance de MF mais l'information est fournie par le site vigicrues. L'information est donnée à l'échelle du département, bien que pour certains phénomènes, seule une partie du département soit concernée.

Passons en revue les cartes et les bulletins de Météo-France, car au delà de la carte, il ne faut pas oublier les bulletins (le national en cliquant au dessus de l'encart synthétisant la situation en cours et le "régional" en cliquant sur le département concerné) quand le niveau de vigilance est orange (ou rouge). Les bulletins permettent de décrire et quantifier les phénomènes à venir et en cours. Surtout, ils permettent d'avertir lorsque deux (ou trois) phénomènes d'intensité similaire sont prévus alors que le département sur la carte de vigilance ne peut indiquer qu'un seul pictogramme. Cette difficulté d'afficher 2 pictogrammes sur un même département (sauf la vigilance vague-submersion qui est indiqué sur le littoral et non sur le département) a déjà été vu lors de la tempête Xynthia où le phénomène vent en rouge a caché le phénomène inondation en orange.

Tout commence le dimanche 22 à 16h avec la vigilance orange pour vent fort et vague-submersion.

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Perturbation tempétueuse assez courante en période hivernale et comparable au violent coup de vent du 28 octobre dernier.
En conséquence une perturbation active va venir circuler sur l'ouest de la Bretagne dès demain après-midi avant de concerner une partie nord-ouest de la France la nuit suivante. A son passage le vent de sud à sud-ouest se renforce nettement et s'accompagne de rafales à 90/110 km/h dans les terres et 100 à 120 km/h sur le littoral (jusqu'à 140 km/h sur les caps exposés). Les vents les plus forts sont prévus vers le milieu de nuit de lundi à mardi.
Phénomènes aggravants:
- A noter que les cumuls de pluies deviendront conséquents sur l'ouest de la Bretagne ( 20 à 40 millimètres en 24 heures, plus localement 50 millimètres).


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Le message le lundi 23 à 6h est identique, la vigilance ayant simplement été étendue aux départements 22 et 35.


 A 14h, la carte est inchangée mais le bulletin est actualisé. La perturbation pluvio-venteuse active a abordé la Bretagne. Les vents tempétueux de secteur sud-ouest commencent à toucher la Bretagne et le Cotentin: on a déjà observé au maximum des rafales de 116 km/h à Landivisiau et Ouessant, 100 km/h à Brest-Guipavas et Kerpert dans les Côtes d'Armor. 85 km/h à Rennes et Cherbourg.


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A 16h, cartes et bulletins sont actualisés. A noter surtout le passage en vigilance forte précipitation pour les départements du Finistère et du Morbihan (qui n'apparait pas sur la carte).

La perturbation pluvio-venteuse active touche la Bretagne. Les vents tempétueux de secteur sud-ouest commencent à toucher la Bretagne et le Cotentin : on a déjà observé au maximum des rafales de 116 km/h à Landivisiau 122 km/h à Ouessant, et de 80 à 100 km/h dans l'intérieur de la Bretagne et sur le Cotentin. Pour l'axe Rhône/Saône et l'ouest des Pyrénées le temps est calme.

A noter le bulletin du centre météo de Rennes vers 16h :

Paramètre précipitations : sous cette perturbation très active, les cumuls de pluies deviendront conséquents sur l'ouest de la Bretagne: 30 à 50 millimètres en 24 heures en moyenne , fréquemment 40 à 60 millimètres sur les hauteurs du Finistère et du Morbihan justifiant la vigilance orange sur ces départements.


A 22h30, actualisation du bulletin national

Perturbation tempétueuse assez courante en période hivernale, comparable au violent coup de vent du 28 octobre dernier et vent violent dans les vallées du Rhône et de la Saône ainsi que sur l'ouest des Pyrénées. Cette tempête s'accompagne de plus de très fortes pluies sur la Bretagne. Les vents tempétueux de secteur sud-ouest affectent la Bretagne, le Cotentin et les côtes de la Manche: on a observé des rafales de 130/140 km/h à la pointe du Raz et à Ouessant, 100 à110 km/h à Landivisiau, Brest, Quimper, La Hague, Boulogne, Calais et de 80 à 100 km/h dans l'intérieur de la Bretagne et de la Normandie. Le vent de sud est déjà sensible dans l'axe Rhône/Saône avec des rafales de 50 à 70 km/h et sur l'ouest des Pyrénées avec des rafales de 100/120 km/h en altitude (Irraty) et 60/70 km/h sur la côte basque. La perturbation pluvieuse a déjà donné des cumuls de 30 à 40 mm en 12 heures sur l'ouest de la Bretagne.

Phénomène aggravant:
- Les sols sont détrempés par les fortes pluies associées à la perturbation notamment sur la Bretagne.
Fortes précipitations sur le Finistère et le Morbihan  : Cette nuit, on attend encore fréquemment 20 à 40 mm avant la fin du passage pluvieux mardi matin ce qui portera les cumuls sur l'ensemble de l'épisode à 50 à 80 mm.


Le 24 décembre à 0h30, nouveau bulletin national.

Perturbation tempétueuse assez courante en période hivernale, comparable au violent coup de vent du 28 octobre dernier et vent violent dans les vallées du Rhône et de la Saône ainsi que sur l'ouest des Pyrénées. Cette tempête s'accompagne de plus de très fortes pluies sur la Bretagne.

Le renforcement du vent est en cours. On a observé des rafales de 145 km/h à la pointe du Raz et à Ouessant, 124 km/h à Landivisiau, 118 km/h à l'Ile de Groix , 116 km/h au cap Gris Nez, 110 km/h à Brest, Quimper, La Hague, Boulogne, Calais et de 80 à 100 km/h dans l'intérieur de la Bretagne et de la Normandie et du Nord. Le vent de sud est déjà sensible dans l'axe Rhône/Saône avec des rafales de 50 à 70 km/h et sur l'ouest des Pyrénées avec des rafales de 100/120 km/h en altitude (Irraty) et 60/70 km/h sur la côte basque.
La perturbation pluvieuse a déjà donné des cumuls de 30 à 40 mm en 12 heures sur l'ouest de la Bretagne.

Fortes précipitations sur le Finistère et le Morbihan
Cette nuit, on attend encore fréquemment 20 à 40 mm avant la fin du passage pluvieux mardi matin ce qui portera les cumuls sur l'ensemble de l'épisode à 50 à 80 mm.


Nouveau bulletin à 4h30

La dépression très creuse (931hpa) centrée au nord-ouest de l'Irlande dirige des vents tempétueux de secteur sud-ouest sur le nord-ouest de la France.  On a observé entre 2 heures et 3 heures : 133 km/h à l'Ile de Groix (56), 130 km/h à la Hève (76), 124 km/h à Belle-Ile (56), 123 km/h au cap Gris Nez (62), 120 km/h à Port en Bessin (14), 115 km/h à Argentan (61) et au Horps (53),
111 km/h à la Noe Blanche (35).
Le vent de sud est déjà fort dans l'axe Rhône/Saône avec des rafales observées de 95 km/h à Monistrol sur Loire et de 103 km/h à Lyon Saint Exupéry ainsi que sur l'ouest des Pyrénées avec des rafales jusqu'à 150 km/h en altitude (Irraty à1400m d'altitude) et 98 km/h à Oloron Sainte-Marie ((Pyrénées-atlantiques, 295m) , 86 km/h à Bustince ( Pyrénées-atlantiques, 212m), 85 km/h à Socoa sur la côte Basque.

Evolution prévue : sous cette perturbation très active, les cumuls de pluies sont conséquents sur l'ouest de la Bretagne: 30 à 60 millimètres en 24 heures en moyenne , fréquemment 60 à 80 millimètres sur les hauteurs du Finistère et du Morbihan justifiant la vigilance orange sur ces départements.


 MF_20131224-06h

A 6h le 24 décembre, la vigilance orange est levée pour le phénomène vague-submersion.

Les fortes pluies persistent encore quelques heures sur la Bretagne avec des montées des cours d'eau sur le Finistère.

On a observé entre 5 heures et 6 heures : 123 km/h au cap Gris Nez, et plus généralement entre 90 et 110 km/h dans l'intérieur des terres (110 km/h à Saint-Hilaire (Orne), 102 km/h à Caen (Manche), 104 km/h à Rouvroy, 107 km/h à Steenvoorde, 105 km/h à Cayeux). Le vent de sud est déjà fort dans l'axe Rhône/Saône avec des rafales observées de 95 km/h à Monistrol sur Loire et de 103 km/h à Lyon Saint Exupéry, 102 à 107 km/h en différents points de Saint Etienne et de 97 km/h à Brindas (69). Sur l'ouest des Pyrénées, on observe des rafales jusqu'à 150 km/h en altitude (Irraty à1400m d'altitude) et 98 km/h à Oloron Sainte-Marie ((Pyrénées-atlantiques, 295m) , 86 km/h à Bustince ( Pyrénées-atlantiques, 212m), 94 km/h à Socoa, 72 km/h à Biarritz sur la côte Basque.

Sous cette perturbation très active, les cumuls de pluies sont conséquents sur l'ouest de la Bretagne: 30 à 60 millimètres en 24 heures en moyenne , fréquemment 60 à 80 millimètres sur les hauteurs du Finistère et du Morbihan justifiant la vigilance orange sur ces départements.


  MF_20131224-10h

A 10h, l'accent est mis sur les crues importantes sur les cours d'eau bretons. La tempête s'éloigne lentement vers le nord-est. Fin de vigilance orange pour le vent en Basse et Haute-Normandie. Fin de vigilance orange pour les fortes précipitations sur Finistère et Morbihan mais ces 2 départements ainsi que l'Ile-et-Vilaine sont en vigilance orange pour les crues. Les fortes précipitations sont terminées en Bretagne mais un risque de crues importantes persiste.


MF_20131224-12h

A 12h, Fin de vigilance orange pour le Nord-Pas-de-Calais et la Somme.

Les fortes précipitations sont terminées en Bretagne mais un risque de crues importantes persiste.
Sur l'ouest des Pyrénées ainsi que dans l'axe Rhône-Saône, les rafales de vent du sud commencent à dépasser les 100 km/h.
Sur l'est de PACA, les fortes précipitations n'ont pas encore débuté.


 

MF_20131224-16h

A 16h, l'attention se porte sur l'épisode pluvieux prévu en région PACA et sur le vent dans la vallée du Rhône et de la Saône.

Crues importantes sur les cours d'eau bretons.
Épisode de fortes pluies sur des zones étendues de la région PACA pouvant engendrer des crues sur les cours d'eau côtiers et leurs affluents.
Phénomène vagues-submersion en méditerranée à l'est du Rhône, remarquable et suffisamment sévère pour justifier une vigilance particulière. 


 MF_20131224-23h

A 23h, la vigilance orange pour vent fort est levée sur les Pyrénées.

Perturbation tempétueuse hivernale, un peu plus forte par son intensité que l'épisode du 28 octobre dernier, occasionnant notamment des vents violents dans les vallées du Rhône et de la Saône ainsi que sur l'ouest des Pyrénées.
Crues importantes sur les cours d'eau bretons.
Épisode de fortes pluies sur des zones étendues de la région PACA pouvant engendrer des crues sur les cours d'eau côtiers et leurs affluents.
Phénomène vagues-submersion en méditerranée à l'est du Rhône, remarquable et suffisamment sévère pour justifier une vigilance particulière.


Les cartes de vigilance météo des heures suivantes.

MF_20131225-05h

MF_20131225-06h

MF_20131225-10h

MF_20131225-16h

MF_20131225-23h


S'il faut faire un bilan des cartes et des bulletins de Météo France :

  • pour les bulletins, difficile de trouver à redire : les messages ont parlé dès le 22 décembre en fin d'après-midi des pluies à venir. La vigilance orange pour le phénomène pluie-inondation a été mise le 23/12 à 16h sur le Finistère (et le Morbihan)
  • pour les cartes, c'est malheureusement toujours le même reproche. Dès qu'une vigilance orange pour plusieurs phénomènes météo concomitants sur un même département est en cours, un seul pictogramme est le plus souvent affiché. Si on ne lit pas les bulletins, on se fige sur le pictogramme. Cette façon de procéder est à revoir. La vigilance météo est un avertissement sur un ou plusieurs phénomènes météo, donc une information apportée sur l'aléa (son intensité et sa fréquence d'apparition). Mêmes si des conséquences type et des conseils de comportement formatés sont indiqués, les conséquences précises de cet aléa ne font pas partie du boulot de MF : par exemple, pour l'inondation, quels secteurs seront sous l'eau ; pour le vent, quels arbres vont tomber en caricaturant ! Ce n'est donc pas à MF (en lien avec ses partenaires fournisseurs de l'information) de choisir quel est le phénomène météorologique prépondérant, soit en intensité, soit en emprise géographique impactée (tout ou partie d'un département). Ce problème a déjà été vu pour Xynthia en 2010 (le vent en rouge cachait l'inondation en orange) et pour les gaves pyrénéens en juin 2013 (l'orange "orages" cachait "l'inondation" en orange dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées atlantiques en début d'événement). 

 

Prévisions et vigilance hydrologiques du Ministère de l'Écologie

Petit rappel pour celles et ceux qui l'ignorent : depuis la mi-2006, le Ministère de l'Écologie publie sur un site dédié une carte et un bulletin de vigilance crues sur plus de 200 cours d'eau. La vigilance est traduite en 4 niveaux comme pour les autres phénomènes météo : vert, jaune, orange, rouge. Un petit logo récapitule le niveau maximal de vigilance à l'échelle nationale.

logo_vert logo_jaune logo_orange logo_rouge

Voyons alors ces fameux bulletins et cartes publiés sur vigicrues avec la donnée nationale et la donnée locale du Service de Prévision des Crues "bretons" sis à Rennes au sein de la DREAL de Bretagne, le service régional du Ministère de l'Écologie. A noter que la référence de la carte (jour et heure au format JJMMAAAA_HH) est indiquée en bas à gauche. A l'aide d'un petit montage personnel, on retrouve le zoom sur la rivière de Morlaix en haut à droite de la carte de la région Bretagne, à la place du Cotentin.


Le dimanche 22/12 à la carte de 16h, la vigilance verte est de mise sur tous les cours d'eau.

VGC_2013122216h


A 10h le lundi 23, quelques cours d'eau bretons passent en vigilance jaune : l'Aulne, l'Odet et la Laïta, l'Oust et le Meu. La rivière de Morlaix reste en vert.

VGC_2013122310h BRE_23-10h


A 16h, le Blavet se pare aussi de jaune mais la rivière de Morlaix reste toujours en vert.

VGC_2013122316h BRE_23-16h


Le mardi 24/12 à 5h du matin, l'Odet et la Laïta sont placées en vigilance orange mais la rivière de Morlaix reste désespérément en vert. Pourtant, ça déborde !

VGC_20131224-05h BRE_24-05h


A 10h le 24/12, la rivière de Morlaix n'est plus verte mais jaune : un minimum bien tardif cependant. Le Blavet, l'Oust et le Meu passe en orange. Le tronçon médian de la Vilaine passe en jaune.

VGC_2013122410h BRE_24-10h


 A 16h le 24/12, la rivière de Morlaix reste en vigilance jaune. La Seiche et la Vilaine aval passe du vert au jaune.

VGC_20131224-16h BRE_24-16h

 


Bilan : sur la rivière de Morlaix en particulier, c'est un loupé avec une vigilance verte et il est difficile de trouver un autre qualificatif que "loupé". Si les précipitations ont été plus fortes que les prévisions initiales (jusqu'en début d'après-midi du 23/12), elles sont en revanche conformes aux derniers éléments fournis par MF en soirée du 23/12 (cf. la carte des pluies présentée en tête d'article). Au vu du contexte hydrologique, l'absence de vigilance sur la rivière de Morlaix n'est guère compréhensible. Les sols étaient gorgés d'eau et on annonçait plusieurs dizaines de millimètres de pluie pour la journée du 23 et nuit du 23 au 24/12. L'absence de vigilance crue  (d)étonne. Les principaux enjeux sont dans le centre urbain de Morlaix (rue de Paris, rue de Brest, allée de Poan Ben et places à proximité du viaduc ferroviaire) et hormis pour les places, ce sont bien les "débordements" des rivières qui touchent ces enjeux, et non le phénomène de marée. La marée ne joue vraiment qu'en cas de fort coefficient avec l'impossibilité de baisser le niveau du plan d'eau à marée haute. En ce Noël 2013, nous avions affaire à un petit coefficient (54 avec une marée haute vers 11h le 24 au matin) qui n'était donc pas aggravant pour l'écoulement d'une crue.

Le loupé est d'autant plus regrettable que la simple lecture du PPRi nous apprend que les crues se produisent avec des précipitations d'au moins 30 mm sur un jour et/ou de 50 mm sur 2 jours. Ce sont bien ces quantités là qui étaient prévues (le préfet de région peut toujours parlé qu'il a plu plus que prévu, il était prévu suffisamment pour que ça déborde), qui plus est dans un contexte de sols saturés d'eau. La seule prévision de 50 mm de pluie aurait dû mettre en alerte tout le monde.

Ensuite comment expliquer, alors que les niveaux sur les deux cours d'eau montaient inexorablement depuis le début d'après-midi du 23/12, que personne ne se soit inquiété, autant du coté de Rennes où est implanté le service de prévision que du côté de la commune ? Au delà de la couleur de vigilance, les données sur les hauteurs d'eau étaient disponibles en continu. Si la maire de Morlaix ou qqun à la mairie a regardé le site vigcrues à 2h du matin le 24/12 (lu qq part), il suffisait de 2 clics de plus pour voir les niveaux d'eau et s'inquiéter sérieusement. La commune qui présente une belle page sur le PPRi, qui a réalisé un DICRIM, lui aussi consultable en ligne, qui possède un PCS, était capable de se rendre compte par elle-même que ça allait déborder. A 2h du matin, la hauteur d'eau sur le Queffleuth à la station des 3 chênes était de 1.67 m, soit 4 cm de moins que la hauteur de février 1990 qui avait vu débordé la rivière (avec un coefficient de marée de 80).

De plus, le système d'alerte crue mis en place par la commune consiste à envoyer un SMS aux personnes qui se sont abonnées au service. Or, la tempête a partiellement bloqué les communications et les sms d'au moins deux opérateurs de téléphonie. Le système qui a le mérite d'exister, n'est cependant pas infaillible, loin de là, surtout si on considère qu'inondation de Morlaix et tempête vont assez souvent de pair.

De plus, le PPRi impose certaines mesures préventives dans les zones les plus exposées, la première d'ordre réglementaire, étant une information biennale de la part de la commune envers ses concitoyens sur le risque inondation. Ce travail a-t-il été fait ?

Hydrologie de la crue

Voci quelques valeurs relevées aux postes pluviométriques du bassin entre le 23/12 7h du main et le lendemain même heure :
- 40 mm à l'aérodrome de Morlaix
- 46 mm à Pleyber-Christ
- 46 mm à Plougonven
- 67 mm à Plounéour Ménez

à venir hyétogrammes et hydrogrammes

Le loupé "vigicrues" en version officielle

L'explication de l'Etat a été fourni le 24 décembre sous la forme d'un communiqué de presse assez laconique de la préfecture de région Bretagne : "La tempête Dirk a traversé la Bretagne dans la nuit de lundi à mardi en entraînant des précipitations records dont les quantités ont été rarement enregistrées. Cet événement atypique a conduit à des pluies intenses supérieures aux prévisions initiales sur certains secteurs. C'est ainsi que sur le bassin versant de Morlaix il est tombé de 65 à 70 mm de pluie au lieu des 45 mm initialement attendues. La propagation des crues sur le bassin versant de Morlaix est très rapide et, de ce fait, le modèle de prévision de crues utilisé est fondé sur les prévisions de pluie et non sur les quantités réellement tombées. Cette combinaison de facteurs a conduit à un décalage dans la prévision de la crue sur la ville de Morlaix. La décrue est annoncée pour ce début d'après-midi."

Des précipitations record le 23 décembre 2013 ? On a déjà vu des quantités supérieures sur le bassin de la rivière de Morlaix, le plus souvent dans un contexte orageux, comme par exemple le 7 juillet 2004 : 50 mm à Lanneanou, 54 mm à Loc-Eguiner, 63 mm à Morlaix (Ploujean), 53 mm à Plougonvern, 50 mm à Pleyber-Christ.

Se cacher derrière des prévisions de pluie trop basses par rapport à l'observation ressemble au mieux à une réponse de façade, au pire à de la mauvaise foi et ce pour deux raisons :

  • comme indiqué plus haut, hormis le pluviomètre de Plounéour-Menez sur l'amont du Queffleuth (et sans pour autant observer une montée extraordinaire du niveau du Queffleuth au Plessis), les autres pluviomètres ont enregistré entre le 23/12 7h et le 24/12 7h moins de 50 mm, soit les quantités prévues par Météo France,
  • en ce début d'hiver et au vu de l'antécédent pluviométrique (150 mm en 8 jours à Brest, à rechercher précisément sur le bassin de la rivière de Morlaix), il fallait certainement moins de 50 mm pour produire une crue débordante dans Morlaix. On en voudra pour preuve deux éléments :
    * le début des débordements a été constaté à 3h du matin le 24/12, soit avant la fin des précipitations observée à 7h
    * les pluies à l'origine des crues marquantes des 20 dernières années (Météo France pour la source des données) ont toujours été de l'ordre de 30 à 40 mm :

- février 1974 : on avait relevé 67 mm à Pleyber-Christ et 48 mm à Morlaix (Ploujean),
- février 1990 : 49 mm au cloître-de-Saint-Thégonnec, 42 mm à Lannéanou, 30 mm à Loc-Eguiner, 29 mm à Pleyber-Christ et Plougonvern, 28 mm à Morlaix (Ploujean), 27 mm à Pounéour-Ménez
- janvier 1995 : 41 mm au cloître-de-Saint-Thégonnec, 47 mm à Lannéanou, 37 mm à Loc-Eguiner, 39 mm à Pleyber-Christ.
- décembre 2000 : 43 mm à Lannéanou, 37 mm à Loc-Eguiner, 26 mm à Morlaix (Ploujean), 34 mm à Pleyber-Christ
- février 2001 : entre 25 et 30 mm aux différents postes pluviométriques
- 15 janvier 2008 et 22-26 janvier 2009, février 2010, décembre 2011 : à récupérer du site du SPC !
- autres crues entre 2001 et 2008 à chercher

Le refuge (subterfuge ?) derrière des prévisions erronées de Météo France est trop facilement démontable et prouve que c'est une raison de façade faite dans l'urgence. Les véritables raisons ne seront peut-être jamais connues. On peut au mieux avancer quelques hypothèses :

  • un modèle de prévision des crues inadapté ? les données ci-dessus montrent que les pluies attendues avaient une forte probabilité de produire une crue des cours d'eau au vu des événements débordants passés.
  • méconnaissance du territoire autant pour le fonctionnement hydrologique qu'hydraulique ? Croyance que seule la marée provoque des crues ?
  • manque de vigilance sur ce petit territoire ?
  • absence de veille à minima ? Le bulletin du SPC Bretagne a été produit le 23/12 à 13h (et publié à 16h) et n'a pas été actualisé avant le lendemain 5h, dans l'urgence face aux débordements constatés dans le sud Finistère. Le 15 janvier 2008 avec une vigilance jaune sur les côtiers bretons dont la rivière de Morlaix, le SPC avait actualisé son bulletin de 14h30 (diffusé à 16h) à 21h30 (source : retour d'expérience des crues de janvier 2008). De plus, le 23/12 à 22h, les hauteurs d'eau des deux rivières à l'amont de Morlaix étaient proches de 1,5 m, valeur voisine des premiers débordements. Faut-il en conclure que le SPC ne dispose pas d'alarme quand les rivières dépassent des niveaux à priori dommageables ?
  • effectif ultra-réduit à l'époque des fêtes de fin d'année ?

Même s'il est (très) facile de refaire l'histoire, en se basant sur la chronologie des prévisions de pluie de MF, on aurait dû avoir pour la vigilance crue de la rivière de Morlaix (et plus précisément le Queffleuth et le Jarlot car il s'agissait bien d'une crue des rivières) :
- 23/12 à 10h : prévision de pluies de 20 à 40 mm => c'est la fourchette basse des pluies à l'origine des dernières crues avec un contexte de sols saturés en eau => vigilance jaune crue
- 23/12 16h : aggravation des prévisions de pluie avec 30 à 50 mm attendus => les pluies ont commencé à tomber, les deux cours d'eau commencent à monter, on est dans une fouchette de pluie des crues débordantes passées => vigilance orange crue.

L'absence de vigilance a certainement pertubé la commune.

Les dégâts

On reprendra ici les éléments du journal local le Telégramme. Une cinquantaine de commerces touchés avec environ 60 cm d'eau pour les plus exposés, près de 130 véhicules hors d'usage, des caves de commerçants et de particuliers remplies d'eau.

Les dégâts les plus importants concernent les magasins de vêtements. D'après un assureur local inondé place Cornic, le préjudice est de l'ordre de 40 k€ pour un mètre d'eau dans un bâtiment. Ledit assureur qui évoque une certaine « lassitude » après cette troisième inondation en cinq ans (2008, 2010, 2013). Cette dernière affirmation prouve bien qu'à moins d'un micro-climat, l'écoulement des eaux est un problème propre à la sous-préfecture du Finistère.

La grande majorité des véhicules était stationnée rue de Brest et sur le parking à côté de l'Intermarché, à l'entrée ouest de la ville. Le Queffleuth longe ces parkings et les débordements s'enfilent dans la rue de Brest pour rejoindre le centre ville. D'après un témoignage local, la rivière est sortie de son lit peu avant 3h du matin le 24/12. Puis le niveau des eaux n'a cessé de monter jusqu'au petit matin. Pour atteindre jusqu'à 1,40 m dans les rues, à quelques pas du théâtre à l'italienne. L'inondation a ensuite gagné l'hyper-centre, et notamment la place des Otages. Des plaques d'égouts se sont soulevées.

Visite(s) politique(s)

C'est Manuel Valls qui s'y est collé le jeudi 26 décembre. On notera l'absence du sieur Martin, ministre de l'Environnement (un illustre inconnu pour le grand public), alors que Valls est peut-être le seul ministre de ce gouvernement qui a encore la cote. C'est mieux d'envoyer au front le seul ministre populaire quand on a fait une "cagade".

13 heures, passage à Quimperlé où un pan d'une maison donnant sur l'Issole s'est effondré. Le Ministre reconnait qu'il y avait eu "une erreur d'appréciation" quant au niveau d'alerte qui a été sous-estimé. "Nous devons agir en toute transparence pour comprendre ce qui s'est passé." Voeu pieu à mon humble avis sachant qu'on aborde rarement de front un problème dans la Fonction Publique. Au contraire, on fait tout pour étouffer dans l'oeuf un tel loupé et il ne faut surtout pas chercher ou pointer du doigt un responsable, encore moins un coupable. A moins d'une inspection parlementaire pour donner du travail à quelques inspecteurs genéraux (malgré l'ironie du propos, ce serait une bonne chose car eux ne transigent pas et appuient où ça fait mal), on ne saura jamais ce qui a merdé.

"Je vais demander aux préfets concernés, notamment au préfet de région, de tirer un certain nombre d'enseignements, faire un certain nombre d'évaluations (...) pour comprendre pourquoi le niveau d'alerte (...) un cran au-dessus n'a pas été donné". Pour le coup, c'est deux crans au dessus qu'il aurait fallu le niveau d'alerte !

Il a indiqué que les procédures de placement en zone de catastrophe naturelle étaient enclenchées et seraient rapidement mises en oeuvre.

15h30 et c'est une visite à Chateaulain sur l'Aulne. Puis un petit tour au barrage de Guily-Glaz, mis en service en 2006, d'un coût de 6 M€, qui a permis de protéger les habitations de Port-Launay des crues.

18h pour finir à Morlaix, l'endroit le plus polémique. Il y a passé une heure, notamment avec la maire de la ville, Agnès Le Brun. Même discours de solidarité "On sera vigilant pour voir comment on peut aider les commerçants. Il faut qu'il y ait un signe rapide" et de mea-culpa "il y a eu un dysfonctionnement au niveau du système de vigilance des crues".

Valls et Martin sont également venus à Morlaix le 9 janvier 2014, le premier arrivant après le second. Des premiers retours presse, le Ministre de l'Ecologie est venu blagué dans un café avec les opposants à la maire UMP actuelle. Le Ministre de l'Intérieur a visité le centre de secours et la sous-préfecture du nord-Finistère, bref une vraie visite politique et de soutien aux services de l'Etat et de secours. Dans un premier temps, c'est l'actualité brulante sur l'annulation de spectable Dieudonné qui a eu la primeur. Puis des informations ont filtré :

- « L'état de catastrophe naturelle sera reconnu pour Morlaix et Quimperlé dès la fin de la semaine prochaine ». Dans le Finistère, 53 communes ont monté un dossier pour demander que l'état de catastrophe naturelle soit appliqué.

- Bienveillance fiscale : les commerçants touchés devraient pouvoir demander « un report de leurs échéances fiscales ».

- Le plan d'actions de prévention des inondations (Papi) sera labellisé pour le bassin-versant de Morlaix

- le dispositif Vigicrues sera étendu aux cours d'eau des Côtes-d'Armor. A ce propos, il était frappant de constater que le département des Côtes d'Armor était en vigilance verte quand tout ces voisins étaient en vigilance orange inondation.

- D'où vient le bug "vigicrues" ? Bonne question toujours sans réponse officielle sur la défaillance de l'alerte des inondations. « Une commission étudie les niveaux de responsabilité. On sera transparent, sans être indulgent ni excessif », a assuré le Ministre de l'Écologie.

Coût des inondations

A Quimperlé, la facture serait comprise entre 150 000 et 200 000 € d'après la municipalité. Il s'agit du coût pour la commune et non, du coût des dégâts (souce Le Télégramme du 11 janvier 2014).

Au delà de la polémique, pourrait-on faire mieux en terme de maîtrise des écoulements ?

La chaîne d'alerte et son défaut sur cette crue est une chose. Mais peut-on se contenter de distribuer des sacs de sable pour éviter que l'eau entre dans les commerces quand les rivières débordent dans les rues et sur les places ?

Je lance ici quelques idées qui ont peut-être déjà été étudiées et jugées irréalistes, sachant qu'à certains endroits, au propre comme au figuré, les tuyaux sont trop petits et ça ne peut que déborder (cf. la grande arche du souterrain allée de Poan Ben et la petite entrée du souterrain après la venelle des Halles). Et comme le veulent les lois de l'hydraulique, il faut travailler de l'aval vers l'amont :

- tout d'abord, l'abaissement du plan d'eau. Sur cette crue, on pouvait abaisser préventivement le plan d'eau du bassin à flot d'environ 1 mètre sans risquer la gêne de la marée à l'aval de l'écluse (qui avait atteint 8 m la veille au soir), même à marée haute. Le coefficient de marée était faible et la pointe de crue a eu lieu plusieurs heures avant la marée haute. Evidemment, ça représente un sacré volume d'eau à vider : à la louche, 1 m de profondeur sur 50 m de large et 800 m de long, ça fait 40 000 m3. A évacuer par les chasses implantées dans les portes de l'écluse et non en ouvrant les portes (sinon c'est le raz-de-marée en aval). En première approche (qq m3/s pour le débit de chasse), une telle vidange durerait quelques heures, donc avec une bonne chronologie de l'évènement à venir et la connaissance des heures et niveaux de pleine mer, c'est jouable. Il faut regarder ensuite l'impact sur les bateaux de plaisance : seraient-ils endommagés par une telle baisse de niveau du bassin ? ou dit autrement, jusqu'à quelle baisse de niveau dans le bassin ne seraient-ils pas impactés ? On peut aussi faire une comparaison de coûts des dommages : quels dommages en moins en centre-ville contre quels dommages en plus sur les bateaux pour différents cas d'abaissement du plan d'eau ? Ensuite, il faut remettre à niveau le plan d'eau, ce qui peut se faire également en quelques heures pendant la décrue en retenant les eaux de la rivière dans le bassin.

- ensuite, on ne peut pas affirmer au vu des inondations relativement fréquentes de Morlaix, que les travaux de 1974 sont suffisants : un élargissement des sections enterrés et/ou une remise à ciel ouvert du cours d'eau serait à étudier dans la traversée des places des otages et C. de Gaulle jusqu'au bassin. La remise à ciel ouvert a un gros avantage : il permet à toute la population locale de savoir qu'un cours d'eau passe. Quand il pleut à verse, on se gare moins naturellement près d'un cours d'eau que sur une place avec un gros tuyau dessous dont on a oublié l'existence ! Et on peut voir en temps réel la rivière monter.

- faire sauter le bouchon à l'entrée des parties couvertes, si les solutions précédentes se révèlent insuffisantes. Il est clair que ce serait un énorme chantier car les rivières passent sous et entre les habitations.

En corollaire, il est bon de rappeler que tout aménagement est une question d'argent : le coût des travaux pour réduire la fréquence des inondations est à comparer au coût de la réduction des dommages.

 

Les grandes marées de fin janvier / début février 2014

Dans un contexte de marées de vives-eaux (coefficient supérieur à 110 du vendredi 31/01 au dimanche 2/2), des débordements sont attendus dans la basse ville de Morlaix. En plus de la marée, il faut compter avec le vent d'ouest, une surcote maritime liée au passage de la dépression et à une forte houle au large. Il faut remonter au passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février 2010 pour retrouver des conditions aussi défavorables. Après le loupé de Noël, cette fois vigicrues ne prend pas de risque (ouvre le parapluie ?) : en ce dernier jour de janvier 2014, sur la carte de vigilance crues, la rivière de Morlaix est placée en vigilance rouge à 10h alors qu'elle était en jaune la veille au soir.

Au petit matin du 1er février, Morlaix a bien eu les pieds dans l'eau mais si peu !

 

La CRUE du 6 février 2014

Nouvelle vigilance rouge en ce vendredi 6 février à 10h sur le département du Finistère pour un risque d'inondation sur la rivière de Morlaix et la Laïta. La vigilance est-elle justifiée cette fois-ci ? l'inquiétude paraît vraiment justifiée à Morlaix. Avec les pluies de la nuit de mardi à mercredi, les rivières ont bien réagi : 1,53 m sur le Queffleuth ; 1,67 m sur le Jarlot. Les sols sont plus qu'humides, comme en témoignent les précipitations à Brest (source météoFrance) :

  • 256 mm pour décembre 2013 (331 mm en décembre 1965) : pas de pluie jusqu'au 12/12, puis 17 jours de pluie sur les 19 finissant le mois
  • 231 mm en janvier 2014 avec 24 jours de pluie (le record de 1995 avec 285 mm n'est pas battu pour autant)
  • 51 mm pour les 5 premiers jours de février, tous arrosés

Au bilan, 540 mm en moins de 2 mois, soit 45% de la moyenne annuelle (1 210 mm) et 46 jours de pluie sur 55.

Le service de Rennes prévoyait dans on bulletin du matin une hauteur maximum sur le Queffleuth à la station des 3 Chênes de 2,10 m +/- 15 cm en fin d'après-midi, échéance reportée en soirée dans le bulletin de 16h. En ce jeudi soir 21h, cette prévision semble un peu surestimée : on observe 1,83 m à la station des 3 chênes et la hauteur est stabilisée depuis 1h (1,90 m le 24/12/2003). Il ne pleut plus depuis 20h d'après le radar météorologique.

A la station du quartier de Lannidy, la hauteur fleurte avec les 2 m.

D'après le quotidien "Le Télégramme", à 18h ce jeudi, la place Emile-Souvestre, derrière la mairie est déjà envahie d'eau. Même scénario près du supermarché de la rue de Brest et du côte de l'école du Poan-Ben.

Prévisions et vigilance météorologiques de Météo France

48 mm à Landivisiau, 51 mm à Lanvéoc, 26 mm à Morlaix, 34 mm à Pleyber-Christ, 42 mm à Plounéour Ménez, 41 mm à Plougonven dans le Finistère.